Jean-Pierre Jacob, tourneur à Keryado (I)

Carte-Keryado

Si, au tout début du XXe siècle, Jean-Pierre de Jacob fut un luthier renommé en pays de Lorient et au-delà, on ne sait cependant que peu de chose sur son activité. Toutefois l’ « l’habile artiste de Keryado » semble avoir, en son temps, suscité l’intérêt de la presse locale, ce qui nous vaut aujourd’hui de retrouver quelques précieux témoignages écrit à son sujet.

  Les bombardes et les binious du luthier Jean-Pierre Jacob [1865-1919], de Keryado en Lorient, sont extrêmement rares aujourd’hui ; seuls quelques spécialistes arrivent à les identifier. Ajoutez, que les renseignements que l’on possède sur lui sont tout aussi rares que ses instruments. Il est pourtant le plus renommé des anciens luthiers professionnels ; quelques sonneurs jouent encore sur ses instruments, qu’ils qualifient d’exceptionnels. La découverte d’un article de presse déniché dans « L’Indépendance Républicaine » du 8 juin 1913, nous permet aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur lui.

L’habile artiste Jean-Pierre de Keryado
 Ce n’est pas seulement dans la capitale et dans la banlieue parisienne qu’on se préoccupe de la fête bretonne de Montfort-l’Amaury. A Keryado, on travaille en vue du succès de la manifestation de dimanche prochain 8 juin.
Une blague, me direz-vous ! Pourtant, il n’y a rien de plus vrai.
A la demande de Jean-Mathurin Pocard, le vaillant Erdevenois du 44 de la rue Laffitte, le tourneur Jean-Pierre Jacob collabore aux préparatifs de la grande journée. Et, en effet, le bon Jean-Pierre est la providence de tous les sonneurs de biniou et de bombarde. C’est vous dire que les artistes naturellement si appréciés de la colonie bretonne de Paris et de la banlieue savent l’adresse de l’habile Jean-Pierre Jacob. Habile sur toute la ligne, qu’il s’agisse de meubles bretons, de bombardes, de binious, de chasse ou de pêche, tel nous apparaît l’excellent homme dont il s’agit. Chaque année on lui doit, en moyenne, une quarantaine de bombardes et de binious. L’an dernier, vers le 14 juillet, il expédiait de ces instruments à un ingénieur directeur d’usine en Franche-Comté. Combien n’en a-t-il pas livrés un peu partout, aussi bien à Gourin qu’à Paris, Bannalec qu’à Languidic ?
Un morbihannais d’adoption, ce Jean-Pierre Jacob ! Il est né le 29 novembre 1864 à Rédéné, une des petites communes vannetaises qui, lors de la Révolution, ont été, bien à tort d’ailleurs, rattachées au département du Finistère. Son père, ses trois oncles, son grand-père étaient aussi tourneurs sur bois et fabricants d’instruments de musique bretonne. Et c’est avec une mélancolie profonde que Jean-Pierre évoque le temps où ses proches et lui-même faisaient : « des rouets à filer ». Il y a vingt-huit ans que le gars de Rédéné à franchi la limite qui sépare les départements du Finistère et du Morbihan pour venir résider à Keryado. Et ce fanatique de la pêche et de la chasse retourne, parfois, le dimanche, en son pays d’origine.
Naguère, Jean-Pierre Jacob sonnait aux noces. Ce n’est pas sans fierté qu’il rappelle le rôle joué par lui à toutes les grandes noces de la région. Dix-neuf ans de suite, il a mené ce genre de sport avec son cousin Pichon de Rédéné. Quel étaient leurs prix ? Soixante, soixante-dix, soixante-quinze, parfois quatre-vingt francs pour trois jours ou trois jours et demi… Il fallait y ajouter les « cadeaux » qui leur étaient offerts. C’est ainsi qu’aux noces de M. Le Portz de Guerizouët, en Guidel. Jean-Pierre Jacob et Pichon avaient gagné cinquante-trois francs en sus du prix convenu. C’est une joie de voir le bon sourire de Jean-Pierre, lorsqu’il parle des pièces de cent sous versées par les jeunes mariés, par leurs parents et par certains de leurs amis.
C’est une joie de l’entendre lorsqu’il vous entretient des artistes bretons, ses collègues, ses clients, les aveugles Hervé, de Gourin et Coroller, de Bannalec. Suivant l’expression pittoresque de Jacob, Coroller b…ait son pays, et Salin, mélancoliquement, se résigna à sonner du biniou aux côtés du bombardier Corroller. Et, en son modeste atelier du 138 de la rue de Brest, en face de l’enseigne : Au Bonhomme Casse Soif Débit de boissons, le brave artiste de Keryado Jean-Pierre Jacob nous dit la fin prématurée de Salin, qui aimait trop le cognac.
Hélas ! Notre pensée se reporte vers tant d’autres, en particulier, vers les sonneurs de Montfort-l’Amaury qui s’appelaient Jean-Mathurin Le Vaguerèse, de Plumelin, et Henri Le Labourier, de Mohon, que certaines habitudes regrettables ont conduits trop tôt dans des cimetières de la banlieue parisienne… Paix à leurs âmes ! Puisse, de longues années encore, l’habile artiste Jean-Pierre Jacob, de la banlieue lorientaise se distraire en de fructueuses parties de chasse et de pêche des soucis que lui donne son métier de tourneur sur bois !
Il les gagne bien, ces petites récréations là, le vaillant ouvrier qui travaille pour des sculpteurs de meubles bretons ! Demandez-le plutôt à tous ceux qui le connaissent, amateurs de meubles bretons, bon chasseurs, bon pêcheurs, bon sonneurs. Ah ! Ces sonneurs, savez-vous ce qu’ils disent ? « Comment qu’on fera pour nos binious et nos bombardes, quand Jean-Pierre ne sera plus là ? » Dieu veuille maintenir en bonne santé, et pour longtemps, le brave Jean-Pierre et qu’au 138 de la rue de Brest à Keryado, il transmette à ses fils, tourneurs comme lui, ses secrets d’habile artiste breton.

Montfort

Les sonneurs du Pardon de Montfort-l’Amaury, s’agit-il de Mathurin Pocard à la bombarde ?

Une famille de tourneur

  Une rapide recherche généalogique permet de retrouver, tout au long du XIXe siècle, des Jacob installés comme tourneur au bourg de Rédené. Avec d’abord l’atelier du grand père Jacques, qui décède en 1852. Je n’ai pas fait de recherche sur la génération précédente. Ses enfants prendront la suite, les oncles et le père de notre Jean-Pierre Jacob.

Louis (1834-1896), l’ainé, ne quittera pas le bourg de Rédené. Un de ses enfants Marc, né en 1869, exerce avec lui quelques années. Mais l’une de ses filles Jeanne-Louise, épouse en 1885 un sonneur : Joachim Pichon, né en 1864 à Cléguer, qui n’est autre que le compère de Jean-Pierre cité dans l’article. Ce couple aura une fille qui épouse en 1905 un autre sonneur : Jean-Louis Rolland, sonneur bien connu de Quimperlé décédé en 1964.

Jacques (1840-1877), c’est le père de notre Jean-Pierre. Il aura sept enfants, trois exerceront la profession de tourneur. Au décès de son père Jean-Pierre n’a que 12 ans, on peut donc penser qu’il a appris le métier avec son oncle Louis.

Jean (1843-1877) et François (1850-1876), décèdent assez jeune. Ils n’auront exercé la profession familiale que quelques années avec leurs frères ainés.

En résumé au décès du grand père, l’ainé des enfants ouvre un atelier au bourg, proche du berceau familial. Jacques et ses frères plus jeunes restent travailler avec leur mère. Il existe donc entre 1859 et 1886 deux ateliers de tournage Jacob au bourg de Rédené. Si l’on sait maintenant que Jean-Pierre a été sonneur, je n’ai pas réussi à savoir si ses frères, ses oncles, son père ou son grand père ont eux aussi sonné. Les archives restent muettes à ce sujet. De même qu’il est impossible de savoir s’ils ont tourné des instruments de musique. Mais on peut logiquement penser, comme c’est souvent le cas, que c’est aussi une tradition familiale.
En 1886, Jean-Pierre Jacob épouse à Plouay, Marie-Anne Gracus [Gracchus]. Il quitte alors Rédené pour Keryado, comme de nombreux artisans, ouvriers, marins, pour chercher du travail que le port et l’arsenal de Lorient fournissent. Son atelier, est installé rue de Belgique, la grande artère de Keryado, il y sera rejoint par une partie de la famille. Jean-Pierre aura cinq garçons, et trois exerceront le métier de … tourneur. L’ainé travaille avec son père, c’est donc au moins la cinquième génération dans le métier. Pierre (1896-1954) s’installe à Pont-Aven et Ernest (1903-1938) sera lui tourneur dans la région parisienne.

Lien : Arbre généalogique de la famille Jacob

Le métier de tourneur

  Quelle pouvait être l’activité d’un tourneur sur bois à cette époque ? Dans l’article Jean-Pierre donne comme exemple « des rouets à filer », on peut ajouter des pièces de mobilier, des ustensiles, outillages, etc. Au début de XXe siècle en Bretagne, la mode est aux meubles avec de nombreuses pièces tournées, les fuseaux. En 1913, éclate un mouvement social chez les ouvriers d’un grand marchand de meubles lorientais « Au sculpteur breton », tenu par Goanvic-Boëdec. Les ouvriers, ils sont plus de 70, sculpteurs, menuisiers, tourneurs…, sont en grève pour ne plus être payés à la pièce mais à la journée, ce qu’ils obtiennent. Le minimum syndical, pour une journée de dix heures, en 1913, sera fixé à cinq francs cinquante. Les ouvriers exécutent les pièces de bois dans leurs ateliers, ils les livrent ensuite à l’usine qui les assemble. Les fils de Jean-Pierre travaillent pour cet atelier.

Goanvic-BoedecGoanvic-2

Catalogue de la maison Goanvic-Boëdec, Cours Chazelle à Lorient, des années 1920-30.

A défaut d’avoir un catalogue des instruments Jacob, voici un exemple de pièces tournées avec ses barreaux de chaises, que réalise la famille pour leur employeur.

  La famille, à Rédené comme à Keryado, semble vivre très modestement. Jean-Pierre sait sans doute écrire, il signe les actes d’état civil, actes qui permettent de connaître son réseau de relation, constitué principalement de petits artisans. Mais ce qui a rendu célèbre Jean-Pierre Jacob, ce sont ses instruments de musique, binious et bombardes, l’article de presse nous apprend qu’il réalise une quarantaine d’instruments par an, ce qui n’est pas suffisant pour en vivre. On sait que notre luthier participe à deux expositions, en août et septembre 1913, à Hennebont à la semaine de la Fédération Régionaliste Bretonne et à Vannes au congrès de l’Union régionaliste Bretonne, où il remporte un prix pour ses instruments exposés.

  En 1914, on retrouve sa trace dans la presse lorientaise (1). Au début de la terrible guerre de 14-18, une quête est organisée pour payer des instruments aux sonneurs du front afin de « chasser le mal du pays ». La quête récolte 732 francs, qui permettent d’envoyer une vingtaine de couple d’instruments. La difficulté inattendue de cette opération, aura été de trouver un tourneur. Car, comme le souligne l’article de L’Indépendance républicaine, Jacob ne fabrique qu’une quarantaine d’instruments par an. Il aurait donc eu à tourner en trois mois sa fabrication annuelle. D’après la presse il aurait eu le renfort d’un dénommé Le Goff, qui serait lui aussi sonneur, je n’ai pas retrouvé sa trace.

La presse nous permet de connaître les tarifs du tourneur, il réalise trois types d’instruments :
………………………………..Biniou – Bombarde
Très simples……………….18 fr. – 14 fr.
En buis (2 anches)……….25 fr. – 18 fr.
En ébène (2 anches)……35 fr. – 25 fr.
On constate que se sont les instruments aux prix les plus faibles qui sont expédiés aux soldats-sonneurs (2).

  Vingt-cinq années plus tard, l’histoire se répète, en novembre 1939, au début de la deuxième guerre mondiale. Alors que des morbihannais sont mobilisés, Lorient décide à nouveau d’envoyer au front des binious pour aider à soutenir le moral des troupes. David Cochet, de Lanester, ancien du 262e de 1914-18 et sonneur de biniou, donne un couple biniou-bombarde pour les soldats. C’est l’occasion pour lui de livrer ses souvenirs de jeunesse : « Il y avait à l’Arsenal les trois frères Fléjeau, qui montaient les binious rudimentaires, avec le tourneur Jacob, qui fignolait les bois et soignait avec quelle attention les instruments. On venait de loin pour les consulter. (3)»

  Les écrits de Loeiz Herrieu [1898-1953] (4) nous permettent de connaître un peu mieux les Fléjeau. Selon lui, ce sont deux frères, François à la bombarde et Mathurin au biniou, natifs de Caudan. Artisans, ils travaillent le bois : parquet, escaliers, charrette, barrique …, et sonnent dans les fêtes et pardons, de la région de Lorient. Herrieu situe ses souvenirs au tout début du XXe siècle. Il a une bonne raison pour bien connaitre les frères Fléjeau , ils sont les sonneurs de sa noce en 1905 avec Loiza Le Miliner à Lantster (5). Les Fléjeau sont donc des sonneurs de la même génération que Jean-Pierre Jacob. Sonneurs et connaissant les métiers du bois ils ont donc très bien pu l’aider à réaliser sa commande exceptionnelle.

  On devait la seule source de renseignement sur le luthier de Keryado, à un autre Jacob (6), sans lien familial, avec un article publié en 1922. Cet article très précis, nous donne les tarifs du fils de Jean-Pierre, Pierre parti s’installer à Pont-Aven à l’enseigne de la Tournerie de Pont-Aven :
Bombarde en ébène : 95 fr avec clef et 2 anches
Bombarde en buis     : 85 fr …………………………..
Biniou sac en cuir Kornikel et Korn boud en ébène : 125 fr.
…………………………………………………………en buis : 100 fr.
Deux anches pour Kornikel et deux pour le Korn boud
La douzaine d’anches : 24 fr
Anches à ton aigu pour le Bro Erech et la Cornouailles
Anches à ton grave pour le pays Gallo »
Et l’auteur d’ajouter : « Les prix sont plutôt élevés, et peu d’amateurs se décideront à se payer ces instruments. »

  Les informations du Bulletin de l’U. R. B. sont-elles justes ? Comme l’auteur le remarque le tarif semble très élevé. On constate une nette augmentation en l’espace de dix années. Une bombarde en ébène avec deux anches passe donc de 1913 à 1922, de 25 à 95 francs, cette augmentation est pour moi sans explication.
La petite histoire ou la légende raconte que le fils de Jean-Pierre s’installe à Pont-Aven dans les années 1920, où il décède en 1954, et réalise des instruments non percés pour les touristes. Il serait intéressant de retrouver un de ces pseudo-instruments, si quelqu’un en possède ?

Les clients

  Si le tourneur de Keryado, a des clients dans la région parisienne et même en Franche-Comté, sans doute un collectionneur, l’essentiel de sa clientèle est bien sûr en Bretagne. Du milieu du XIXe siècle aux années 1930, l’aire de jeu du couple biniou bombarde reste stable (au sud d’une ligne Brest-Carhaix-Loudéac), on remarque la position centrale de Rédené et Keryado dans cette zone. Aire qui se découpe en deux régions le sud de la Cornouaille et le Vannetais, avec pour chacune une typologie d’instrument bien particulier.
Pour la Cornouaille, l’instrument est généralement en ébène, avec de nombreuses incrustations d’étain, avec clef pour la bombarde et de tonalité plus aigue qu’en pays Vannetais.
Pour le pays Vannetais, les instruments sont souvent en buis, plus sobre dans la décoration et de tonalité plus grave.
Chacune de ces deux régions se redécoupant en plusieurs terroirs comme le pays Bigouden, le sud-vannetais, etc.
Dans sa jeunesse, à Rédené, d’influence Sud-Cornouaillaise, Jean-Pierre a l’occasion de rencontrer et de sonner avec de futurs clients de l’ouest de la région. En s’installant à Lorient, il touche une autre clientèle : les sonneurs Vannetais. Les nombreux sonneurs du nord de cette zone de Pontivy à Loudéac, que l’on rattache à la zone cornouaillaise, viennent aussi à Keryado chercher leurs instruments. L’article de « L’Indépendance républicaine » donne les noms de quelques acheteurs :

  D’abord celui de « Jean-Mathurin Pocard, le vaillant Erdevenois du 44 de la rue Laffitte ». Pocard est à la fin du XIXe l’animateur incontournable de toutes les fêtes bretonnes de la région parisienne. Il sonne avec Jean-Mathurin Le Vaguerèse de Plumelin ou Henry Le Labourier de Mohon, décédé entre 1908 et 1912 d’avoir trop abusé du comptoir, dit-on. Chaque année les bretons de Paris se retrouvent au Pardon de Montfort-l’Amaury, organisé depuis 1898. On y retrouve toute la Bretagne littéraire de Le Goffic à Léon Durocher. Pardon qui n’a rien de religieux, il s’agit de commémorer chaque année un personnage historique Breton. Sont organisés des concours de poésies, de chants, un banquet, un défilé dans les rues de la ville et pour terminer la journée des danses aux binious. Le sonneur Jean-Mathurin Pocard est une des figures de ce pardon.

  L’article donne également les noms de deux aveugles « Hervé de Gourin », il s’agit de Jean Hervet sonneur aveugle de Gourin décédé en 1924. Et « Coroller de Bannalec » sans doute Yves-Henri dit Yann Dall [1881-1948] qui sonne avec son frère.

  L’article signale enfin « Salin », il faut lire ici Salaün grande famille de sonneurs de Bannalec. Mais j’ignore de quel membre de la famille fait ici allusion Jacob, sinon qu’il aimait le Cognac. On sait par le témoignage de Gus Salaün [1897-1976] que son père a acheté sa bombarde à Jean-Pierre Jacob, instrument conservé aujourd’hui et l’une des rares bombardes que l’on puisse attribuer avec certitude à ce luthier.

  La renommée de Jean-Pierre Jacob vient de son héritage familial, père et grand père tourneur et de son activité de sonneur. Mais la raison principale est la qualité de ses instruments. Aujourd’hui encore cette renommée des instruments Jacob est toujours très grande. Quelques instruments, ou leurs copies, sonnent encore aujourd’hui dans les festoù-noz. Mais la difficulté est de les identifier avec certitude. Jacob comme ses confrères ne signait pas ses réalisations. Cette difficulté s’explique aussi par la diversité des réalisations du tourneur.
Mais, comme on l’a vu, il y a eu très certainement plusieurs ateliers « Jacob ». L’oncle Louis travaille jusqu’au début des années 1896 à Rédené, alors que Jean-Pierre est installé à Keryado depuis dix ans. Les enfants de Jean-Pierre travaillent avec lui, chacun d’eux a pu développer son propre style, il est devenu impossible un siècle plus tard de les différencier.
D’autres tourneurs professionnels sont mentionnés à Kéryado et Lorient, notamment dans Musique Bretonne (7), comme Garrec qui est quelque fois noté comme le beau-père de Jean-Pierre ce qui pour moi est erroné, Robic, Le Chénadec, Guellec, Le Goff. Je n’ai retrouvé aucune trace de tous ces noms.

Signature-1

Signature de Jean-Pierre Jacob au bas de son acte de mariage en 1886.

(1) Voir à ce sujet : Carré (D.), Le Biniou aux armées, An Dasson, n° 27, 1993, pp. 10-22.
(2) Des photos de ses instruments sont visibles sur le site Internet du MuCEM – Cornemuse d’Europe.
(3) Nouvelliste du Morbihan, 21 novembre 1939.
(4) Article dans Ar Soner, n° 11 – 04/1950 ; Repris dans : Brud, n° 4, 1958, Ar Soner, avec une traduction de Marcel Ropars, n° 289, 1985.
(5) Le Pays Breton, 10/10/1909.
(6) Jacob (Jean-Marie dit Eflam Koed-Skau) [1882-193], Les binious et les bombardes, in : Bulletin de l’Union Régionaliste Bretonne, Redon, 1923, pp. 137-153.
(7) Edition ArMen, 1996, p. 343.

R-Nouvelliste-Morbihan-31-0

Avis de Funérailles, extrait du Nouvelliste du Morbihan du 31 juillet 1919.

Kristian Morvan
Musique Bretonne, n° 214, 05/2009, pp. 32-35. – Pour retrouver la suite : lien ICI

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Deux bombardes « JACOB », ébène, étain, os et ivoire, issues de la collection de la famille Salaün.

Photo : Association Binvioù Kozh.

4 réflexions sur “Jean-Pierre Jacob, tourneur à Keryado (I)

  1. Bonsoir,
    Bonsoir, je viens de tomber sur ton article que je connaissais déjà, es tu certain que jean Mathurin Pocard était sonneur de bombarde et non de biniou ? qui sait peut être les 2 .Dans un article de 1912

    • Bonsoir,
      Effectivement je ne sais pas, mais c’est bien pour cela que j’ai mis un point d’interrogation (légende sous la photo).
      Ce que je sais : Il habite au 44 rue Laffitte à Paris en 1912, il exerce la profession de « pontonnier ». Je retrouve sa trace comme sonneur à Paris entre 1900 et 1920. Si tu possèdes d’autres infos, je suis preneur. Merci

      • Après le livre sur les’’ Noces d’autrefois en Bretagne ‘’ préfacé par Alain Croix en septembre 2015, mon second ouvrage sur les ‘’Musiciens autrefois en Bretagne ‘’ vient d’être commercialisé également par la Coop Breizh (160 pages, 220 articles de presse de 1840 à 1945 illustrées par 160 documents)

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