Le Bouc Marcel 1892-1947

Bagpiper breton

BL 44 115 8004

Parade de France est une revue crée en 1934 au Casino de Paris, grande salle du 9e arrondissement de la capitale. Les provinces sont présentées dans une succession de tableaux mêlant musiques, danses et costumes entrecoupée de chansons à la mode. C’est dans cette revue consacrée au folklore des provinces que débute le jeune Tino Rossi. « Ce sont les Bretons » est une composition de Marcel Le Bouc qui participe a cette revue avec son compère Louis Le Carff, sonneur de la région parisienne.

Né à Dinan, qui n’est un pays de sonneur de biniou, Marcel Le Bouc apparait dans les fêtes bretonnes de la région parisienne au début des années 1920 comme sonneur de biniou. Il devient rapidement l’un des premiers sonneurs à adopter le bagpipe écossais dès les années 1925/30. Étonnamment, il ne semble pas avoir participé à la première confrérie de sonneurs breton fondée à Paris en 1932, la K. A. V. (Kenvreuriez ar Viniouerien).

Le Matin 28-09-1926

Le Matin, 28 septembre 1926

Dans une annonce publiée dans la presse parisienne, il se donne une adresse à Audierne.

  • [Le Bouc] bagpiper breton qui joue du « pibrok » écossais instrument à trois branches qui constitue en quelque sorte un biniou, une cornemuse perfectionnée. (Le Petit Journal, 22 mai 1933)

1930 - Duchesse

1930 Pardon Montfort

Marcel Le Bouc et son biniou à trois branches, 1930

https://musikebreizh.files.wordpress.com/2013/09/guennec-lebouc.jpg

Les deux compères enregistrent trois disques 78 tours en 1927, mais Marcel Le Bouc avait déjà enregistré avec un autre compère Louis Gueguen (1892-1962) en 1925 deux disques. Il enregistre aussi quatre disques solo à la cornemuse entre 1935 et 1940.

De Belay Pierre (1890-1947)

Fête Bretonne

Musée départemental breton Huile de 1944
Musée départemental breton Quimper
Huile sur toile de 1944
Pardon de Pont-Croix 1943
Fête à Pont-Croix 1943

Deux toiles sur le même sujet très proche dans la composition et pourtant bien bien différente dans le rendu.

DeBelay
La danse - 1923
La danse huile sur toile – 1923  (Musée du Faouët 2010 dans l’exposition La danse en Bretagne à travers la peinture)
LES SONNEURS AU PAYS GLAZICK 1923

Le peintre Pierre de Belay est né à Quimper en 1890. La Bretagne est très présente dans une œuvre de qualité très inégale.

Donatien Laurent (1935-2020)

S’agit d’une photo de Donatien Laurent ?

Cette a été prise à Vermont (27), lors d’une fête animée par le groupe parisien Nevezadur en 1951.
Donatien aurait 16 ans sur cette vue ! Sa cornemuse me semble aussi très intéressante, la forme du bourdon est très proche de celles des cornemuses Hervé Le Menn (1899-1973).

Kearfott Robert Ryland (1890-1969)

Peut être une image de 2 personnes
The piper, 1923 (Taubman Museum of Art, Virginie USA)

L’illustrateur, sculpteur et peintre de Virginie Robert Ryland Kearfott est né à Martinsville, en Virginie. Dans ses peintures, Kearfott était connu pour représenter les gens de manière réaliste et avec du caractère. Il était bien connu et méritait des éloges tels que: « Kearfott est connu pour sa fidélité à ses sujets ». Kearfott a étudié à Paris en France de 1922 à 1925, il passe un an à peindre en Bretagne dans le village de Pont Aven. Il a même vécu dans la ferme même où Gauguin a vécu et peint. Il est décédé en octobre 1969 et est enterré à Martinsville, en Virginie.


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Robert Ryland Kearfott (American, 1890-1969), The Piper, 1923; Oil on board. Gift of Dr. Conrad Stone, 1983.021

Pour en savoir plus sur cette toile :

The piper, 1923 – Kearfott Robert Ryland (1890-1969) ———————————- 1924 Grigoriev Boris (1886-1939)

Qui à copié ? Le tableau de Kearfott serait de 1923, celui de Grigoriev est daté de 1924, mais ?
Ils sont tous les deux à Pont-Aven, dans les années 1920, se sont-ils rencontrés ?
Une même scène, sous le même angle, mais avec deux approches différentes, l’une réaliste et l’autre plus avant-gardiste mais avec la même petite touche d’humour.

Curiosités de la Musique

Musiciens des rues et des champs

Au début du XXe siècle les musiciens de Paris se regroupent au sein de la Fédération des artistes musiciens de France, son premier mot d’ordre est de lancer une grève générale qui est un véritable succès. En réaction, le journal parisien Le Petit Bleu, présente les musiciens de rues et des champs, qu’on appelle aujourd’hui « amateurs » et qui eux n’ont pas fait grève. (Le Petit Bleu de Paris, 11 novembre 1902)

Le Petit Bleu de Paris du 11 novembre 1902

« la musique n’est plus… le bruit qui coûte le plus cher »

Les musiciens, qui, de tous temps, menèrent grand bruit dans le monde, ont encore haussé le ton en ces dernières semaines ; et l’accord presque parfait avec lequel ils nous ont joué le grand air des Revendications, leur a valu la sympathie du public et même l’oreille des directeurs qui, pour la plupart, ont dû capituler. L’événement nous a paru favorable pour rechercher quelques-unes des curiosités de la Musique et les réunir en ce magazine, à l’usage des amateurs de pittoresque.
Au sujet des musiciens d’orchestre, nous n’avons plus rien à apprendre aux lecteurs du Petit Bleu. Nos collaborateurs ont tout dit en ce qui concerne la vie pénible et les salaires plus que modestes de ces laborieux artistes. On savait déjà que la musique n’est plus, comme quelqu’un l’écrivit jadis, le bruit qui coûte le plus cher, — puisque nous avons maintenant des coups de canon à cinq mille francs par seconde. Donc, c’est ailleurs, à côté de l’actualité et de la question, qu’il fallait chercher.
Nous allons donc présenter au lecteur quelques-uns des musiciens qui n’ont pas fait grève, mais que le Temps et le Progrès, grands pourchassera de pittoresque, menacent de nous enlever bientôt.
Les uns sont nos familiers : ils vivent sur le pavé parisien, soit de leur métier (disons de leur art, pour ne point les froisser), soit, de la charité des passants.
Les autres, les autres, — bien peu d’entre nous les ont tous rencontrés, bien peu les ont tous entendus. Les uns sont au fond du Morbihan ou du Finistère, celui-ci dans les Pyrénées, cet autre dans le Roussillon. Leur musique est mélancolique ou turbulente, suivant la couleur du ciel sous lequel ils vivent. Ce sont de vieilles ombres tenaces, qui jouent de vieilles choses qui vont s’en aller, qu’on ne verra plus, qu’on n’entendra plus. Les voici réunis en cette page. Regardons-les et tâchons de savoir ce qu’ils sont. Voici la cornemuse, connue des hébreux et des Romains, la cornemuse qui figurait au Moyen Age dans toutes les musiques militaires, et qui au siège de Valenciennes, en 1340 à ce que nous conte Froissart. Elle survit en nos provinces et à l’étranger, soit sous sa forme authentique, avec son outre de peau de chèvre et ses trois chalumeaux, soit avec des modifications plus ou moins importantes. C’est, à peu de choses près, le bag-pipe des highlanders écossais, le biniou de Bretagne, la musette des départements méridionaux.
Tous ces instruments appartiennent à une même famille, dont la cornemuse semble être le type le plus ancien. Ils émettent des sons traînants, grêles et peu variés, mais éminemment rustiques, et qu’il est impossible d’entendre sans se laisser gagner par leur charme mélancolique et doux.
La bombarde accompagnait autrefois presque toujours la cornemuse ou le biniou dans les orchestres champêtres. Son origine est également très vieille. Elle a la forme allongée et évasée de certaines flûtes antiques, et le son qu’elle fournit offre plus d’ampleur et plus de gravité que celui des instruments précédents. La bombarde a été modernisée sous le nom de basson et figure à ce titre dans tout orchestre bien complet.
Le tambourinasse a été immortalisé par Alphonse Daudet, qui, dans un moment d’enthousiasme tenta même de l’acclimater à Paris, comme il nous l’a conté dans ses souvenirs. L’entreprise échoua piteusement d’ailleurs ; à ce musicien des pays de soleil, il faut le ciel de la Provence, le cortège des belles filles alertes, nées pour le rire et pour l’amour, et pas exigeantes sur le chapitre de la mélodie. Avec son tambourin, étroit et long, et sa flûte à trois trous, le tambourinaire est pourtant un poète, et son tulupanpan exprime tout un monde d’impressions, de rêves, d’inspirations. N’oublions pas que « ça lui est vénu dé nouit, en écoutant canter lé rossignou… »
Qui oserait s’aventurer jusqu’à rechercher dans la nuit des temps l’origine de la flûte en roseau qui annonce le passage du chevrier et de son maigre troupeau dans les rues de Paris ? N’est-ce pas Pan lui-même, le dieu Pan, qui l’inventa ? Et si ce n’était lui, qui voudrait-on que ce fût ?
Il est a peu près certain que le bizarre violon des montagnards d’Argelès est d’invention plus récente. Cela ne l’a pas empêché de disparaître complètement, alors que sa vieille petite sœur la flûte du chevrier béarnais, (ou bellevillois ?) continue d’égrener sa chanson aigrelette et comme vaguement sauvage.
Le poseur de robinets est lui aussi un musicien. Son instrument ne lui offre pas de grandes ressources, trois ou quatre notes tout au plus, — et il faut autant de bonne volonté que de souffle pour en tirer quelque chose qui ressemble, de très loin, au Roi Dagobert. Mais bah ! le poseur de robinets est un indépendant. Sa musique est à lui et lui suffit. Son verre n’est pas grand, mais il boit dans son verre.
Autre musiciens des rues, – autre artiste.
C’est l’orgue do Barbarie, lamentable et poussif, et attendrissant aussi, comme toute misère qui chante. A le voir1, à l’entendre, on ne croirait guère que c’est un instrument moderne. Il date de la fin du XVIIIe siècle, et c’est déjà une très vieille chose, une chose périmée, oubliée, méconnue, comme beaucoup d’idées de la fin du XVIIIe siècle. On ne sait, même plus d’où il vient, — pas de Barbarie, en tout cas ! — ni où il a pris son nom.
Derrière lui, de lui, sont venus les machines à musique, les musiques à vapeur, engins terribles et discordants, qui bercent les foules à la rude cadence des montagnes russes, dans les fêtes foraines.
Mais cela, ce n’est plus le passé, ce n’est plus le pittoresque. C’est même le modernisme sous un de ses aspects les plus terrifiants.. Écoutons pleurer le dernier orgue de Barbarie.