Concours de sonneurs

Concours de sonneurs, une déjà longue histoire

Vous trouverez ci-dessous la liste récapitulative de tous les concours de sonneurs de biniou que j’ai recensés depuis leurs apparitions en 1881. La période plus récente du renouveau, depuis la création de la B. A. S. (Bodadeg ar sonerion), sera complétée  par la suite.

Date – Commune – Organisation – Nombre de couple participant / classé
1881 Saint-Brieuc (22) – Concours musical – 2 (classés)
1889 Paris (75) – Concours de musiques pittoresques – 1 (participant)
1890 Morgat – Fête des Régates – Projet d’un concours de binious avec 3 prix, qui ne semble pas avoir eu lieu.
1892 Vannes (56) – Concours musical – 60 ou 64 (participants) – 5 (classés)
1893 Morlaix  – Concours musical – Projet d’un concours de binious
1894 Pontivy (56) – Exposition municipale – 5 (classés)
1895 Brest (29) – Concours musical – 42 + 1 (participants) – 42 (classés)
1899 Vannes (56) – URB* – 38 (participants) – 10 (classés)
1901 Quimperlé (29) – URB* – 23 (participants) – 8 (classés)
1902 Auray (56) – URB* – de 36 à 50 (participants) – ? (classés)
1903 Lorient – Foire Exposition – ? (participants) – ? (classés)
1903 Pontivy (56) – Fêtes de Pontivy – ? (participants) – 3 (classés)
1904 Gourin (56) – URB* – 25 (participants) – 7 (classés)
1905 Brest (29) – Fêtes musicales – 6 (participants) – 4 (classés)
1905 Pont-Aven (29) – Pardon des Fleurs d’Ajoncs – 10 (participants) – 5 (classés)
1905 Ploërmel (56) – Fêtes des courses
1906 Brest (29) – Exposition Brest – ? (classés)
1906 Baud (56) – Exposition Baud – ? (classés)
1906 Carnac (56) – URB* – 20 (participants) – 6 (classés)
1907 Rostrenen (22) – URB* – 4 (participants) –  4 (classés)
1907 Pont-Aven (29) – Pardon des Fleurs d’Ajoncs –  10 (participants) – 4 (classés)
1907 Pontivy (56) – Fêtes de Pontivy – 7 (classés)
1908 Pouldu (29) – Fêtes du Pouldu – ? (participants) – (3 classés)
1908 Douarnenez (29) – Fête des Mouettes – ?
1908 Quimper (29) – Inauguration monument à Quimper – 15 participants (8 couples)
1909 Pluméliau (56) – Fêtes de Pluméliau – 3 (classés)
1909 Quimper (29) – Fêtes de Quimper – 7 (classés)
1909 Locminé (56) – Fêtes de Locminé – 8 (classés)
1909 Douarnenez (29) – Fête des Mouettes – 6 (participants) – 6 (classés)
1910 Dinard (35) – Fête Bretonne – 3 (classés)
1910 Douarnenez (29) – Fête des Mouettes – 3 (classés)
1910 Moëlan-sur-Mer (29) – Fêtes de Merrien – 3 (classés)
1912 Redon (35) – URB* – 8 (classés)
1913 Brest (29) – Fêtes de Brest – 6 (classés)
1913 Hennebont (56) – FRB** – 6 (classés)
1913 Pont-Aven (29) – Pardon des Fleurs d’Ajoncs – 5 (classés)
1913 Vannes (56) – URB* – 3 (classés)
1913 Loudéac (22) – Fêtes de Loudéac – 3 (classés)
1913 Quimperlé (29) –  12 (participants) – 5 (classés)
1919 Lorient (56) – Fêtes de Lorient – 2 (classés)
1920 Brest (29) – Fêtes de Brest – ? (classé)
1921 Huelgoat (29) – Fêtes Bretonnes – 4 (classés)
1921 Penmarc’h (29) – Fête des Cormorans – ? (classés)
1922 Bieuzy-les-Eaux (56) – Fêtes Bieuzy-les-Eaux – 3 (classés)
1913 Pont-Aven (29) – Pardon des Fleurs d’Ajoncs – 2 (classés)
1922 Pontivy (56) – URB* – 3 (classés)
1922 Penmarc’h (29) – Fête des Cormorans – ? (classés)
1922 Carnac (56) – Pardon des Menhirs – 4 (classés)
1923 Penmarc’h (29) – Fête des Cormorans – 3 (classés)
1923 Plouay (56) – Fêtes de Plouay – 6 (classés)
1923 Lorient (56) – Comice Agricole – 3 (classés)
1923 Carnac (56) – Pardon des Menhirs – ? (classés)
1923 Locminé (56) – Comice Agricole – ? (classés)
1923 Quiberon (56) – Comice Agricole – 3 (classés)
1923 Loudéac (22) – FRB** – ? (classés)
1923 Pont-Aven (29) – Pardon des Fleurs d’Ajoncs – ? (classés)
1924 Lorient (56) – Fêtes de la Victoire – 5 (classés)
1924 Pont-L’Abbé (29) – ? (organisation) – ? (classés)
1924 Carnac (56) – Pardon des Menhirs – 4 (classés)
1924 Pont-Aven (29) – Pardon des Fleurs d’Ajoncs – ? (classés)
1925 Carnac (56) – Pardon des Menhirs – ? (classés)
1925 Plouay (56) – Fête Patronale – ?
1925 Moncontour (22) – Fêtes de Moncontour – 2 (classés)
1926 Trinité-sur-Mer (56) – Régates – ? (classés)
1926 Guénin (56) – Comice Agricole – ? (classés)
1929 Lignol (56) – ? (organisation) – ? (classés)
1929 Bieuzy-les-Eaux (56) – Fête de Bieuzy-les-Eaux – 3 (classés)
1931 Le Faouët (56) – Fêtes de Le Faouët – 5 (classés)
1932 Guénin (56) – Comice Agricole – 4 (classés)
1932 Vannes (56) – Fêtes du centenaire – 8 (classés)
1932 Languidic (56) – Comice Agricole – 4 (classés)
1936 Trinité-sur-Mer (56) – Régates – 2 (classés)
1937 Plougastel-Daoulas (29) – Blun-Brug – ? (classés)
1937 Plozévet (29) – Plozevet – 10 (classés)
1937 Carnac (56) – Pardon des menhirs
1938 ? – Blun-Brug – 2 (classés)
1939 Melrand (56) – Fêtes de Melrand – 4 (classés)
1939 Quimper (29) – Blun-Brug – ? (classés)
1949 Quimper (29) – Fêtes de Cornouaille
1957 Gourin (56) – Bodadeg ar sonerion
1958 Quimper (29) – Fêtes de Cornouaille

URB* : Union Régionaliste Bretonne
FRB** : Fédération Régionaliste de Bretagne

Biblio :
DEFRANCE Yves, « Les concours de biniou sous la IIIe République ou la naissance du spectacle folklorique », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, 1987, t.116, p. 191-209.
Ouvrage collectif, Musique traditionnelles de Bretagne – Concours, joutes et rencontres, Musique et danses en Bretagne, 2006.
RIVALLAIN, Yann, « Le championnat de Bretagne des sonneurs« , ArMen n° 141, 07/2004, pp. 10-17.

BB

Gourin, 1904

4e concours organisé par l’U. R. B. après Vannes (1899), Quimperlé (1901) et Auray (1902)

Ce concours est organisé dans le cadre du Congrès annuel de l’ U. R. B. (1) qui réuni l’ensemble du mouvement culturel breton. Comme à chaque concours, les chiffres de la participation varient de 25 couples selon l’Ouest-Éclair du 29 septembre 1904, à 8 couples selon  la Dépêche de Brest, 28 septembre 1904.
Le concours a lieu dans la cour de la mairie, chaque couple joue un air de son choix et un air de danse.

Le premier prix revint, comme il était naturel aux excellents sonneurs de Gourin, MM. Laurent Névo et Hervet. De l’avis unanime, le sonneur aveugle de Gourin est le roi des sonneurs de Basse-Bretagne. A Vannes, en 1899, lors du congrès de l’U. R. B. il fut remarquable : à Gourin il connut les joies du triomphe le plus éclatant. Sans entrer dans d’autres détails, nous ne pouvons manquer de signaler le jeux brillant de M. François Léon de Carhaix qui a remporté un second prix bien mérité.
Dr et Mme C.-A. Piquenard (Revue de Bretagne, vol 32, 1904, p. 538)

Le jury est composé de : Marquis de l’Estourbeillon, Jos Parker, Lajat, docteur Picquenard, Poulichet et Herrieu.

1er – Laurent Nevo & Hervet de Gourin
Hervet : Jean Hervet (1860 Gourin – 1924 Gourin) bombarde, aveugle, surnommé : Yann Dall.
Névot : Laurent Névo ou Névot de Gourin ou Saint-Tugdual ? Non identifié, un deuxième Névo est classé à la 6e place.
Couple classé 11e à Brest (1895)

2e – François Léon & J-M Jacques de Carhaix
Léon François (1871 Carhaix -1941 Carhaix) surnommé : Léon Bihan.
Jacques J-M : Il pourrait s’agir de Jacques Jean-Marie (1877 Croisty – 1916 Deniecourt) fils du sonneur Jacques Vincent (1845 Priziac – 1927 Croisty).

3e – Jean Le Lay de Priziac & F Cotillec de Lanvénégen
Jean-Louis Le Lay (1858 Priziac – 1911 Carhaix), habitué des concours de sonneurs.
Le Cotillec François (1860 Lanvenegen – 1940).

4e – Yves Bihan & Pierre Guillaume de Saint-Tugdual
Couple non identifié

5e – Michel Le Lay & Hascoet, l’aveugle de Priziac
Michel Le Lay (1886 Priziac – 1964 Lorient) fils de Jean-Louis Le Lay (1858 Priziac – 1911 Carhaix).
Hascoët l’aveugle de Priziac, sonneur non identifié.

6e – J-M Névo de Saint-Tugdual & Mathieu Le Bail de Saint-Caradec
Mathieu Le Bail : sans doute une erreur de prénom il doit s’agir de Le Bail Mathurin (1866 Saint-Caradec-Tregomel – 19??).
Névo, un deuxième Névo est classé à la première place, frères, père / fils ? Sonneur nom identifié.

7e – Louarn & Louis Calvez de Pevendu [Ploerdut]
Couple non identifié

Les membres du jury : quatre étaient déjà dans le jury du précédent concours à Auray (1902), tous sont membre de l’U. R. B.
Régis de L’Estourbeillon (1858-1946) député royaliste du Morbihan, fondateur de l’U. R. B.
Jos Parker : Joseph Parquer (1853-1916) écrivain, poète et peintre de Fouesnant
Alfred Lajat (1872-1958), ami de Taldir (Jaffrennou), imprimeur, membre du Gorsedd
Charles Armand  Piquenard (1872-1940), docteur, enseignant en botanique, membre du Gorsedd
Poulichet : non identifié
Loeiz Herrieu (1879-1953), écrivain paysan, militant infatigable de la langue bretonne, on le surnommait Er Barh Labourér (« Le barde paysan »).

(1) Union Régionaliste Bretonne

Depeche de Brest 28-09-1904

La Dépêche de Brest, 28 septembre 1904

Pontivy, 1903

Deuxième concours organisé à Pontivy après celui de 1894.

Au début du mois de juillet les Fêtes municipales de Pontivy sont organisées avec cavalcades, Bals et courses de chevaux.  Mais les festivités débutent par un concours de binious.
Le concours est organisé sur le champ de foire où se trouve installée une table pour le jury en face de laquelle on pose des planches sur tréteaux pour les concurrents.
Le concours commence. Les joueurs rivalisent de zèle et de talent. Le jury très embarrassé pour décerner ses prix, tant les artistes du biniou apportent d’attention et de goût au concours, fait jouer un nouveau morceau afin de pouvoir mieux juger.
Enfin le classement s’opère, et les membres du jury, ravis de l’exécution de certains concurrents, créent un prix spécial de bombarde. Le comité des fêtes ajoute un prix d’ensemble, et tout le monde part, musique en tête au bal d’enfants où les lauréats seront nommés. (Journal de Ploërmel, 5 juillet 1903)

Peu de renseignements sur ce concours, qui étaient les membres du jury ? combien de concurrents ? Je n’ai pas retrouvé de photos. Seuls trois couples sont classés

Journal de Ploermel 5-07-1903

1er prix, 20 fr. – Martin et Labbaye, de Talcoët Noyal en Pontivy
2e prix, 15 fr. – MM Le Bail et Le Nouveau, de St Caradec Tregomel
3e prix, 10 fr. Le Dantec et Le Strat, de Pluméliau
Prix spécial bombarde, offert par le jury : M Le Nouveau, de St Caradec Tregomel
Prix d’ensemble, offert par la commune : Le Dantec et Le Strat, de Plumeliau

1er prix, 20 fr. – Martin et Labbaye, de Talcoët Noyal en Pontivy
Labbaye ou Labbay : sonneur non identifié
Joseph Martin (18?? – 19??) menuisier à Pontivy : habitué des concours, il participe avec Julien Le Tulzo (1867 Noyal-Pontivy -1934) aux concours de Vannes (1892) et avec Mathurin Le Norcy (1862 Noyal-Pontivy – 1915 Naizin) au concours de Pontivy (1894)

2e prix, 15 fr. – MM Le Bail et Le Nouveau, de Saint-Caradec Tregomel
Le Bail : Sans doute Mathurin Le Bail (1866-19??) de Meslouan en Saint-Caradec-Tregomel
Le Nouveau : Le Nouveau Jean-Marie (1875-1953) de Ploërdut

3e prix, 10 fr. Le Dantec et Le Strat, de Pluméliau
Le Strat : Jean-Marie Le Strat (1861 Pluméliau -1940 Pluméliau), cultivateur à Saint-Nicodème.
Le Dantec : Jean-Mathurin Le Dantec (1868 Pluméliau – 1937 Baud) cabaretier, rue de Pontivy à Baud.
Couple classé 9e à Vannes (1899)

Quimperlé 1901

Le deuxième concours organisé par l’U. R. B.

Après Vannes (1899), l’U. R. B. (1) organise un nouveau concours à Quimperlé pendant son congrès annuel.

Progres du Morbihan 11-09-1901

Le Progrès du Morbihan 21 septembre 1901

Suivant les titres de presse le nombre de sonneurs participant est variable, autour d’une cinquantaine, les titres les plus précis notent la présence de 23 couples. On retrouve toujours les mêmes remarques sur la cacophonie que provoquent de tels rassemblements.
« Ils sont bien là une centaine, binious et bombardes, et soufflent à pleins poumons. Peut-être eussent-ils dû jouer tous le même air, mais comme il n’y a pas eu de répétition préalable chacun joue le sien sans plus de façon et cela fait un ensemble extraordinaire de puissance, mais à décourager Wagner en personne ! » (Le Courrier des Campagnes, 25/09/1901)

« Les 40 paires de binious
Ah ces binious ! Le dimanches 22 septembre une énorme affluence animait les rues grimpantes et descendantes de la vieille cité abbatiale. Quarante paires de binious dévalaient de la gare, rue de l’Hôpital. Quarante paires de binious avaient été convoquées par M. Le Louëdic, qui faisaient royalement les choses. En vain, je ne sais quel ami des harmonies disciplinées on engageaient les rustiques sonneurs à jouer tous le même air. Mais allez persuader un biniou de se laisser couvrir par le confrère d’à côté ! Enfin, sur les dix heures, les concurrents sont massés place Nationale, devant l’estrade où trône le jury […] » (Ouest-Éclair, 28 juillet 1935)

Le jury est présidé par un des frères Le Rodallec, Charles ou François-Louis le prénom variant selon les titres de la presse. Je pense qu’il s’agit de François-Louis qui est musicien, il est assisté d’Alfred Lajat et du Docteur Piquenard.

Le concours démarre à 10 heures et dure deux heures, ce qui laisse moins de 6 minutes par passage avec les changements. J’ai déjà remarqué le peu de temps laissé aux concurrents pour s’exprimer dans ces concours. Les sonneurs passent deux par deux sur l’estrade et commencent par un air de leur choix et poursuivent par un autre qui est imposé, sans plus de précision sur cet air (Ouest-Éclair, 28 juillet 1935). Le public en cercle autour de l’estrade, les applaudit « tant pour leur habilité professionnelle que pour leurs costumes« .

A la suite du concours de sonneurs un concours de costumes est organisé. L’organisation demande aux concurrents et aux spectateurs de  « […] venir à cette belle fête, revêtus de leurs plus beaux costumes, afin de la rendre plus brillante ». Trois prix sont attribués. Le premier pour les costumes de Cornouailles qui comprend les arrondissements de Quimperlé, Quimper et Chateaulin, le second pour le reste de la Bretagne et un troisième pour les familles. Les prix seront attribués aux personnes portant les costumes les plus riches et les plus purs au point de vue du caractère breton. (Le Nouvelliste de Morbihan, 12 septembre 1901)

Résultats du concours de binious :

1er – Gestin & Coroller ou Salaun
2e – Boulic & Salaun ou Coroller
3e – Gourmelin & Rolland
4e – Bihan & Pouliquen
5 – Huiban & Lessard
6e ex – Guernalec & Louis Bihan
6e ex – Parc & Le Bail
7e – Cotonnec & Naour

Le résultat du concours de costumes est intéressant, on y retrouve à la 3e place un Jacques Vincent de Saint-Tugdual qui semble être un sonneur de biniou : Jacques Vincent (1845 Priziac – 1927 Croisty)

1er – Gestin & Coroller ou Salaun
Gestin : Auguste Gestin (1866 Guiscriff – 1938 Scaër) biniou. Deuxième du grand concours de Brest (1895).
Coroller : Yves Coroller (1881-1948) aveugle du bourg de Bannalec, participe au concours de Vannes (1892).
Salaun : François Salaun (1839 – 1913 Bannalec), bombarde.

2e – Boulic & Salaun ou Coroller
François Boulic (1848 Scaër – 1911 Kernevel) biniou, surnommé : Boulig Koz, déjà vainqueur de deux concours Vannes (1892) et Brest (1895).

3e – Gourmelin & Rolland
Gourmelin : Auguste Gourmelin (1866 Riec-sur-Belon – 19?? Quimperlé).
Rolland : Jean-Louis Rolland (1882-1964) de Rédené.
Ce couple a terminé 3e à Vannes (1899).

4e – Bihan & Pouliquen
Pouliquen : sonneur non identifié, participe au concours de Brest (1895).
Bihan : sans doute Maurice Le Bihan (1866 Guscriff – 1932 Reims) frère de Louis classé 6e.

5 – Huiban & Lessard
Huiban : sonneur non identifié.
Lessard : sonneur non identifié, participe au concours de Brest (1895).

6e ex – Guernalec & Louis Bihan
Louis Bihan : Louis Le Bihan (1863 Guiscriff – 1906 Guiscriff), frère de Maurice classé 4e.
Guernalec : François Guernallec (1862 Quimperlé – 1933 Bannalec), cultivateur à Bannalec.

6e ex – Parc & Le Bail
Le Parc : Sonneur non identifié précisément.
Le Bail : Sans doute Mathurin Le Bail (1866-19??) de Meslouan en Saint-Caradec-Tregomel .
Couple vainqueur du concours de Vannes (1899).

7e – Cotonnec & Naour
Cotonnec : Sans doute François Cotonnec de Riec-sur-Belon, surnommé : sac’h biniou
Naour : François Naour (1861 – 1931 Riec-sur-Belon) bombarde, aveugle, surnommé : ar soner bihan, participe au concours de Brest (1895).

Le jury :
François-Louis Rodallec (1849-1935) directeur d’école et secrétaire de mairie à Scaër, précurseur, il est le premier à s’intéresser à la lutte bretonne qu’il commence à codifier, musicien il fonde la première Musique Municipale de Scaër en 1895, il est aussi l’un des premiers à collecter des airs directement auprès des sonneurs. Il existe un manuscrit, toujours inédit de ses collectages. Il a déjà participé au jury du concours de sonneurs de Vannes (1892) et de Brest (1895).
Alfred Lajat (1872-1952) (Mab an Argoat) imprimeur et journaliste en bragou-ber de Scaër.
Docteur Piquenard (1872-1940) de Quimper (Mab Ronan) en bragou-braz de Cast.

Deux photographes, sans doute attirés par l’annonce de la présence de nombreux costumes vont éditer six cartes postales de ce concours.

7

474  Quimperlé – Le concours de Binious des fêtes de l’U. R. B. – L’arrivée des Exécutants

Cette carte postale, nous montrent cinq couples de sonneurs, tous en blouse, aucun deux n’a été identifié.

6

475 – Quimperlé – Concours de binious aux fêtes de l’U. R. B. – Devant le jury

Le couple devant le jury est identifié, il s’agit de Jean-Louis Le Lay (1858 Priziac – 1911 Carhaix) au biniou et à la bombarde il s’agirait de Pierre Le Mentec du Croisty.

Derrière le couple de sonneurs au centre Régis de L’Estourbeillon (1858-1946) député royaliste du Morbihan, fondateur de l’U. R. B. Sur la droite deux personnages en costume breton pourraient s’agir du Docteur Piquenard (Mab Ronan) en bragou-braz de Cast. Certains ont cru reconnaitre Théodore Botrel en costume breton à l’extrémité, mais aucun articles de presse ne note la présence du célèbre chanteur à ce concours. Il s’agit plus vraisemblablement d’Alfred Lajat (1872-1952) en bragou-ber  comme le décrit la presse, troisième membre du jury.

1901 Quimperlé

Deux vues du même couple sur barriques, avec comme spectateur sur le côté un autre couple de sonneurs, biniou sous le bras, qui figure sur la vue précédente « Devant le jury« .

Deux angles différents, la première vue est du photographe Hamonic de St Brieuc, la deuxième est de Villard qui lui est photographe à Quimper. Si la première en légende indique « Binious primés« , la deuxième précise, « Binious de Nevez – Lauréats au concours de costume ». Ce couple n’est pas identifié. Nous avons donc ici, un couple de Nevez, primé au concours de costume, mais qui n’apparait pas dans les résultats du concours de binious. Il apparait donc que ce concours n’a pas été que musical, des prix ont aussi été attribués aux plus beaux costumes.

1901 Quimperlé 1

Encore deux photographes pour une même scène : Villard comme Hamonic qui légendent « Binious du Faouet »

Cette fois les couples sont inversés. On retrouve sur la première vue au pied des barriques le couple de Nevez des vues précédentes, le biniou à gauche, on aperçoit la bombarde à droite.

Le couple de Nevez en sabot, guêtres et bragoù berr attire l’œil. Pas étonnant que les deux photographes, se soient intéressés à eux. Alors que comme le montre la première carte la plupart jouent en costume de ville ou en blouse. Pour donner plus de pittoresque à la scène, ils les juchent sur deux barriques alors que le concours a eu lieu sur une estrade.

1a

Le photographe Hamonic qui est aussi peintre et dessinateur reprend la scène en la transformant, la légende n’a plus rien à voir avec le concours de 1901.

(1) Union Régionaliste Bretonne

Auray, 1902

Troisième concours organisé par l’U. R. B. (1)

Contrairement aux autres concours de l’U. R. B. je n’ai pas retrouvé les résultats de ce concours. Ils ne sont pas publiés comme habituellement dans le bulletin annuel de l’association, ni dans la presse locale.
Les spectateurs se déplacent en nombre à Auray, Le Nouvelliste du Morbihan du 2 octobre 1902, évalue la foule à 10 000 personnes. La presse, comme à chaque rassemblement de binious, remarque les dissonances entre les sonneurs. L’Ouest-Éclair interroge :  Qui parviendra jamais à accorder des binious musicalement et confraternellement parlant ?

« […] les binious, disions-nous, charment maintenant l’assistance. On entend avec plaisir les disputes des concurrents, on admire les coups de langues, les battements de pieds, les clignements symboliques des yeux, le tout évoluant sous le regard impartial de MM. de l’Estourbeillon, Lajat, Herrieu, docteur Picquenard et Gibson, dont le kilt et le plaid attirent les regards étonnés des Celtes morbihannais, moins étonnés cependant que certains badauds parisiens, dont la ferme croyance en la banalité générale, reçoit en ce jour un choc inattendu à la vue des kilts et des bragou-braz. (Bulletin de l’Union Régionaliste bretonne, 1902, pp. 29-30.)

La presse reste évasive sur le nombre de concurrents, Le Nouvelliste du Morbihan annonce une centaine de sonneurs dans un premier article, puis 36 couples dans un deuxième.
Les noms des jurys sont eux publiés :
Régis de L’Estourbeillon (1858-1946) député royaliste du Morbihan, fondateur de l’U. R. B.
Alfred Lajat (1872-1958), ami de Taldir (Jaffrennou), imprimeur, membre du Gorsedd
Charles Armand  Piquenard (1872-1940), docteur, enseignant en botanique, membre de l’U. R. B. et du Gorsedd
Gipson en kilt délégué de la Ligue Panceltique , venu d’Irlande
Loeiz Herrieu (1879-1953), écrivain paysan, militant infatigable de la langue bretonne, on le surnommait Er Barh Labourér (« Le barde paysan »).

Le seul témoignage sur ce concours nous vient de Loeiz Herrieu, membre du jury, qui critique l’utilisation d’airs français par les sonneurs :
 » Le concours de biniou a été bien beau ; un grand nombre de lauréats ont tenu à venir montrer leur talent car beaucoup avaient réellement du talent. Ce qui n’était pas pour me plaire beaucoup c’est d’entendre quelques-uns jouer des airs français ; on aurait dit à les entendre que la musique bretonne a disparu et ils faisaient cela dans l’intention bien évidente de faire plaisir aux membres du jury. Non, sonneurs, vous ne faisiez plaisir à personne en sonnant de pareilles inepties.
Les membres de la commission croyez le bien auraient préféré vous entendre jouer les beaux airs de Basse-Bretagne que ces airs venus de l’Étranger. Apprenez donc à jouer les airs si mélodieux de notre pays : des airs de danse, des matches. Ces airs ne manquent pas. Il n’y a que l’embarras du choix.« 
Er Bugul Gunthiern [pseudo de Loeiz Herrieu]

Herrieu n’est pas le premier à porter cette critique, le colonel Bourgeois président du concours de Brest en 1895, demande aux sonneurs dans son discours de la remise des prix : « […] évitez autant que possible, les airs français vulgaires, qui ne conviennent pas en général aux danses bretonne […] ». On retrouve encore cette volonté d’expurger les airs français du répertoire des sonneurs dans les premières années de la B. A. S. (2) de 1943 a 1950 avec Jef Le Penven censeur musical de l’association.

(1) U. R. B. : Union Régionaliste Bretonne
(2) B. A. S. : Bodadeg ar Sonerion

Nous disposons de trois cartes postales de ce concours montrant la foule qui assiste au concours. Mais y avait-il véritablement 10000 personnes ?

Les deux premières sont des cartes stéréos
Auray1

Auray2

Auray 0

 

Cette carte plus rare, montre deux concurrents s’exécutant devant la foule.

Vannes, 1899

Le premier concours organisé par l’U.R.B.

Au mois d’août 1899, l’Union Régionaliste Bretonne (l’U. R. B.) première association bretonne créée à Morlaix l’année précédente, tient son premier congrès à Vannes. Ce congrès sera l’occasion d’organiser différents concours (costumes, chants, biniou, déclamations, poésie…). Par la suite l’URB organisera au moins 9 concours de biniou entre 1899 et 1922.

Wester Mail 6 sept 1899

The Cardiff Times, 6 septembre 1899

  Les sources principales de renseignements sur ce concours sont deux articles. L’un de l’abbé François Cadic (1864-1929) pour le journal l’Ouest-Éclair et l’autre d’un représentant de la délégation galloise parue dans la presse d’outre-manche.

L’abbé Cadic plante le décor :
« Je les voie encore ces sonneurs plus de 30 binious, plus de 30 bombardes, formés en trois groupes, au milieu d’un pittoresque désordre, vestes brunes ou blanches au vent, ils s’en allaient, d’un pas endiablé, suivant la bannière de leurs paroisses. En entendant cette cacophonie musicale où chaque instrument tirait sa note, sans entente, sans accord, insouciant du voisin, j’eus la sensation de la fin du monde […] »

Cadic n’est pas le seul à remarquer cette cacophonie. La presse morbihannaise note : « Il y a eu aussi des bombardes et des binious qui ont parcouru la ville en grand nombre et en jouant chacun un air différent ; c’était charmant ! Les chiens en hurlaient. » (Le Progrès du Morbihan, 30/08/1899)
Mais comment produire une musique d’ensemble avec des instruments de tonalités et de gammes différentes ?

Reprenons l’article de l’Ouest-Éclair : « […] Le programme du concours comportait un motif commun : le n’hani gous et un autre air au choix de chaque concurrent. Une soixantaine de musiciens environ s’étaient présentés. Certes il y avait bien des disproportions dans les talents. […] Bientôt six exécutants seulement restaient en présence, des maîtres ceux-là, et parmi eux un aveugle de Gourin, véritable héritier du père Mathurin. […] Oh ! certes, je n’oserais affirmer que la proclamation des résultats ait satisfait tous les assistants. Je suis persuadé que Pluméliau en particulier valait mieux tandis qu’Elven valait moins. Il convient de reconnaitre pourtant que l’accord a été absolu sur les trois premiers. En vérité, dans ce concours, il s’est produit beaucoup de médiocrités. Mais, même en ne tenant compte que de ceux qui ont figuré là, nous pouvons l’affirmer, il y avait parmi eux de réels artistes. Et, quand on pense que ces artistes se sont formés d’eux-mêmes, sans maitres, sans direction, sans notion d’art, il y a lieu d’être surpris. En les entendant, les autres, les médiocres auront trouvé une leçon, une révélation ils auront appris comment on joue bien du biniou et de la bombarde. Ajoutons qu’il y a peut-être aussi là une leçon pour le clergé. Qu’il encourage ces instruments nationaux. Ce sera le plus sûr moyen d’écarter violons et accordéons, et aussi leurs suites naturelles, ces danses venues de loin qui peu à peu en viennent à supplanter la ronde bretonne au grand détriment de la morale et des bienséances.« 

Chaque couple concourant doit jouer un air imposé « le n’hani gous » [an hini gozh] comme déjà dans un concours de 1892 organisé dans cette ville. Cet air bien connu est emblématique de la Bretagne, il est aussi bien chanté que sonné, présent dans tous les terroirs. Tous les sonneurs n’ont pas le même niveau, sur la trentaine de couples présents seul dix sont classés, les autres sont sans doute la médiocrité décrite par Cadic.

Sans titre

L’autre article, est publié du 2 au 9 septembre 1899, en anglais dans The Cardiff Times. Il sera repris par plusieurs autres titres. Il est signé de COCHFARF qui est le pseudo de Edward Thomas (1853-1912) journaliste et militant pour la sauvegarde de la langue galloise.

The Breton festival at Vannes – A great Celtic awakening – Bands of biniou players

« DES BANDES DE JOUEURS BINIOUS ont pénétré dans la ville par différentes routes, précédées d’une bannière, chaque groupe y ayant peint le nom du lieu —Vannes — où la compétition a eu lieu et, la date de la compétition, puis le nom du village, de la ville ou du district où les joueurs sont venus. Chaque groupe a également été suivi par un groupe de villageois vêtus de costumes bretons. Lorsque vos lecteurs sauront que chaque paroisse a au moins un costume distinctif, on peut imaginer la grande place en face de l’hôtel de ville en kaléidoscope vivant pendant quelques heures. Certains processionnaires portaient sous le bras des petits pains et des bouteilles de cidre et, à en juger par l’apparence poussiéreuse de ceux qui s’étaient éloignés sous un ciel sans nuages ​​et un soleil brûlant, cette disposition n’était pas imprudente.
A une heure donnée, toutes les formations se rencontrèrent près des quais et furent massées pour jouer devant le jardin public, où devait se dérouler la compétition. Lorsque cette grande procession a atteint sa destination, nous avons trouvé une enceinte temporaire érigée avec une scène semblable à celle que l’on peut voir dans les théâtres itinérants au pays de Galles à une extrémité trois grandes tribunes séparées avec des sièges réservés et à l’autre extrémité l’espace intermédiaire les grandes tribunes, la scène étaient remplies de chaises louées à des prix intermédiaires. L’espace à l’extérieur de l’enceinte était occupé par le grand public, qui était admis dans le jardin à raison d’un demi-franc – cinq pence. La réunion était présidée par le général De Benoit, commandant territorial de la 22e division. La scène de la grande tribune était une scène incroyablement gaie – dames françaises et bretonnes habillées à la dernière mode parisienne ; Des bourgeoises et des paysannes bretonnes revêtues des costumes, des officiers de leurs districts respectifs de l’armée française, allant des caporaux aux généraux, ainsi qu’un cordon de soldats à leur garde. Les joueurs de biniou sont venus en couple et se sont tenus devant la scène, occupée par le général Benoit et les arbitres. Le public était de toute évidence amusé. Une fausse note ou une erreur dans le temps commis par l’un des joueurs a provoqué beaucoup de joie, mais de temps en temps, à l’instigation des arbitres, le chef d’orchestre a demandé aux interprètes inférieurs de partir avant d’avoir terminé leur jeu, une pratique familière à ceux qui fréquentent la province d’Eisteddfodau au pays de Galles. Chaque fois que cela était fait, il y avait un éclat de rire instantané dans toute la place. Cela a été provoqué autant par la manière dont cela a été fait par le chef d’orchestre que par la déconvenue des concurrents lors des interruptions. Immédiatement, les arbitres ont fait signe au chef d’orchestre d’arrêter le joueur de biniou, d’une manière sérieuse et comique, avec sa baguette vers le joueur, il s’exclamait en breton, ut ! « (Allez). Beaucoup de joueurs ont cependant reçu de très bons applaudissements et leur jeu a beaucoup surpris les visiteurs.« 

Le journaliste gallois décrit un mode de sélection proche des émissions télévisuelles d’aujourd’hui où le jury buzz pour stopper la prestation des concurrents. On imagine la déconvenue des sonneurs de se faire renvoyer après seulement quelques notes.

Difficile d’envisager une telle sélection dans un concours de sonneurs de notre époque !

Le nombre de concurrent est variable selon les titres de la presse si l’Ouest-Éclair annonce environ 30 couples, Le Nouvelliste du Morbihan annonce lui la présence de 41 sonneries alors que le Courrier du Morbihan en mentionne 38.

1er : Le Parc & Le Bail de Berné, 50 fr.
2e : Hervé & Le Lay de Gourin, 30 fr.
3e : Gourmelin & Rolland de Quimperlé, 20 fr.
4e : Lafféach & Rio de Colpo, 15 fr.
5e : Bigot & Jouan de Plouay  ou Morio & Thuriau de Plescop 15 fr.
6e : Guyot & Le Lué d’Elven
7e : Cadoret & Tantéze de Brech ou Cadoret & Carp ou Bigot & Jouan de Plouay
8e : Rolland & Henry de Vannes ou Cadoret & Tantéze de Brech
9e : Le Strat & Le Dantec de Pluméliau ou Rolland & Henry de Vannes
10e : Morio & Thuriau de Plescop ou Le Strat & Le Dantec de Pluméliau

Le palmarès est publié dans la presse du Morbihan, selon les titres l’ordre du classement change (?).
Les membres du jury sont : Lucien Laroche président, Le Brigand, Labbé, Henry.
Essayons d’identifier les concurrents :

1er prix, 50 fr. :
Le Parc : Sonneur non identifié précisément.
Le Bail : Sans doute Mathurin Le Bail (1866-19??) de Meslouan en Saint-Caradec-Tregomel qui sonne aussi avec Le Nouveau.
Ce couple participe aussi au concours de Quimperlé en 1901.

2e prix, 30 fr. :
Hervé : Jean Hervet (1860 Gourin – 1924 Gourin) bombarde, aveugle, surnommé : Yann Dall.
Le Lay : Jean-Louis Le Lay (1858 Priziac – 1911 Carhaix), habitué des concours de sonneurs.

3e prix, 20 fr. :
Gourmelin : Auguste Gourmelin (1866 Riec-sur-Belon – 19?? Quimperlé).
Rolland : Jean-Louis Rolland (1882-1964) de Rédené, son premier concours il a 17 ans.

4e prix, 15 fr. :
Lafféach ou Laffeuch selon les titres, mais il s’agit bien de Lafféach, sonneur non identifié.
Rio : s’agit-il de Louis Rio (1864 Arradon – 1901 Colpo) Charpentier – cabaretier – cultivateur ?
Seule trace de ce couple dans un concours de sonneurs.

5e prix, 15 fr. :
Bigot : sonneur non identifié, pourrait avoir participé à un concours à Plouay en 1923.
Jouan : sonneur non identifié.

6e prix :
Guyot : Pierre Guyot, semble aussi avoir participé au concours de Vannes en 1892, biniou. Voir : Deux Elvinois champions à Brest en 1895, Breiz (Kendalc’h), n°142, 12-1969, p. 9.
Le Lué : sonneur non identifié, seule trace dans un concours de sonneurs.

7e prix :
Cadoret : Mathurin Cadoret (186? Brech – 19??) biniou
Tantéze : S’agit-il de Julien Tartesse (1868 Plumergat – 19??), profession : joueur de biniou de Pluneret ?
Carp : pas de sonneur trouvé à ce nom – semble être une erreur de la presse.

8e prix :
Rolland : S’agit-il de Jean-Louis Rolland déjà classé à la 3 place ? Cela semble peu probable. Un deuxième Rolland non identifié cette fois.
Henry :  sonneur non identifié, seule trace dans un concours de sonneurs.

9e prix :
Le Strat : Jean-Marie Le Strat (1861 Pluméliau -1940 Pluméliau), cultivateur à Saint-Nicodème.
Le Dantec : Jean-Mathurin Le Dantec (1868 Pluméliau – 1937 Baud) cabaretier, rue de Pontivy à Baud.

10e prix :
Morio & Thuriau de Plescop : couple non identifié, seule trace dans un concours de sonneurs.

Les membres du jury :
Lucien Laroche (1855-1912) président du jury, luthier à Vannes, il répare, vends des instruments de musique (biniou et bombarde) dans son magasin de musique, compositeur, il fonde l’école de musique de Vannes.
Lire Roland Becker, Lucien Laroche. Vers une école de musique bretonne savante, Musique Bretonne, n° 212, 01-2009, pp. 21-23.
Jérôme Le Brigand (1846-1919): Conseiller Municipal de Pontivy, archéologue autodidacte, négociant, Membre de la société polymathique du Morbihan, créateur d’un éphémère Musée Breton dans sa ville de Pontivy, déjà membre de jury au concours de Vannes en 1892.
Les autres : Labbé et  Henry  me sont inconnus.

Dans son livre, Tonioù Breiz-Izel publié en 1994, Polig Monjarret mentionne pour la première fois l’existence de partitions notées lors de ce concours.
« Les airs présentés au concours de Vannes en 1899 étaient bretons dans leur quasi-totalité. Du moins si j’en juge par les notations de J. Le Padrun, qui releva l’essentiel des airs interprétés. Ses notations n’ont jamais eu, hélas, les honneurs de la publication. Dans ce manuscrit se trouvent notamment de nombreux airs attribués au sonneur Louis Rio de Colpo« .
Quelques années plus tard, en 2007, elles seront publiées, mais hélas sans la reproduction du manuscrit original, dans une version réécrite par André le Meut dans : Guillevic, Augustin & Cadic, Jean-Mathurin, Chants et airs traditionnels du pays vannetais, Dastum Bro-Ereg / AD56, 2007, pp. 242-246.
On y retrouve le fameux an hini gozh qui était l’air imposé du concours, ainsi que 14 airs de danses notés comme des : ridées, bals et rondes. Le nom de Louis Rio, ou d’autres noms figurent-ils sur le document original ?

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