Kenvreuriez Ar Viniouerien Vrezon 1935

 La confrérie des biniouistes

Cette photographie de 1935 présente les membres de la nouvelle association parisienne regroupant les sonneurs bretons, la Kenvreuriez Ar Viniouerien Vrezon, appelée habituellement K. A. V. créée par Hervé Le Menn.

KAV 1935 F
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K. A. V.
Kenvreuriez Ar Viniouerien Vrezon
H. Ar Menn, 39 Faubourg St-Martin, Paris X

Juillet 1935
Offert à Monsieur Le Bodoleg, l’un des plus vieux bardes de Petite Bretagne en souvenir de l’accueil aimable qu’il me fit, jeune barde inconnu.
Hervé Ar Menn
Diskejenn

Ar Voyer – Radenac – Marzin – Audic – Kere [?]
B. Primot – JL Primot – Ar Menn – Poignant

Le destinataire de cette carte est Yves Bodolec (1856-1941). Originaire de Chateaulin, c’est un militant de la cause bretonne dès la fin du XIXe siècle. Barde connu sous le nom de « Korrik ar c’hoat », collaborateur de la revue « An Oaled » et du « Réveil Breton », il est professeur de menuiserie à l’École Boulle à Paris.

Hervé Le Menn indique à son correspondant, sous la photo, les noms des sonneurs :

Ar Voyer (cornemuse) : il s’agit de Dorig Le Voyer (1914-1987), étudiant aux Beaux-Arts de Paris.
Radenac (cornemuse) : Marcel Radenac, originaire de Uzel / La Motte.
Marzin (tambour) : aucune information ?
Audic (cornemuse) : Marcel Audic (1906-1988), pharmacien né à Pontivy
Kere ? (bombarde) : Il pourrait s’agir de Louis Weisse, originaire de Lorraine, professeur de breton. Il fournit une cornemuse écossaise en 1918/20 à Marcel Boulic (1900-1936) sonneur de Riec (29) émigré à Paris. A confirmer ?
B. Primot (bombarde) et J.-L. Primot (biniou) : aucune information ?
Ar Menn : Hervé Le Menn (biniou)
Poignant (bombarde) : aucune information ?

Hervé Le Menn, est né à Hanvec en 1899, il est le onzième enfant d’une famille d’agriculteur. Suite à sa démobilisation de 1918, de retour à Hanvec, il apprend le métier d’électricien. Il quitte ensuite son Finistère natal à la recherche d’emploi, et est contraint d’émigrer vers la capitale en 1924. Il fréquente rapidement le mouvement breton parisien, et notamment le Cercle Celtique de Paris. Dès 1928, l’idée de regrouper des sonneurs commence à germer. C’est en 1932 que l’association est créée, par : Hervé Le Menn, Marcel Audic (1906-1988), Dorig Le Voyer (1914-1987) et Yves Le Cann (1911-1998) dit Cheun ar Chann, neveu d’Hervé Le Menn.

L’objectif est dans un premier temps de fédérer les sonneurs bretons et de remettre à l’honneur leur musique. Devant la difficulté de regrouper les anciens musiciens, profondément individualistes, Hervé Le Menn décide de former des jeunes. Il recrute principalement chez les étudiants parisiens de la diaspora bretonne. Autre difficulté, le manque d’instruments, pour y pallier il se lance alors dans la fabrication d’instruments (binou, bombarde, cornemuse), il est à cette époque ajusteur aux tramways. La commercialisation des instruments débute dès 1936. Il formera au tournage entre 1932 et 1936 son jeune élève Dorig Le Voyer. L’action de la K. A. V. s’inscrit dans un grand mouvement de rénovation des arts bretons insufflé par les Seiz Breur.

Il semble que Dorig Le Voyer, qui commence lui aussi à produire ses propres instruments en 1937, quitte l’association à cette époque. Il fait alors équipe, lui à la bombarde et Yann Goulet (1914-1999) à la cornemuse, Dorig ne sonnant alors plus pour la K. A. V.

Jusqu’au début de la guerre, la K. A. V. se produit principalement dans la région parisienne, elle ne fait que quelques apparitions en Bretagne, au regret de son président. Elle arrive à rassembler entre cinq et dix sonneurs par sorties, les débuts sont difficiles.

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Source : https://www.facebook.com/BretaniaBzh/

La K. A. V. au sortir de la guerre, entre 1945 et 1949, les effectifs se sont multipliés, pas moins de 16 sonneurs sur cette vue. Hervé Le Menn, à l’extrême droite, avec sa cornemuse deux bourdons et son costume mod Plougastel,  en est toujours le président. Il démissionnera et quittera l’association en 1954, c’est Charles Pletsier (1923-197?) qui lui succède, le 3e en partant de la droite, à la cornemuse.

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Lettre à entête de l’association – Hervé Le Menn – cornemuse (1899-1973) et Marcel Audic – bombarde (1906-1988)

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Yvon Palamour (1932-2018)

Décès d’un grand sonneur

En cette veille de championnat des sonneurs de Gourin, la presse annonce le décès d’Yvon Palamour. Sonneur et ébéniste de grand talent il restera dans nos mémoires.

Palamour

En juillet 1952, aux Fêtes de Cornouaille

Géo-Fourrier (1898-1966)

Geo-Fourrier-Ploneour-Lanvern

Breiz ar bardon – Bombarde et biniou de Plonéour-Lanvern 1930/40

Géo-Fourrier, pseudonyme de Georges Fourrier, né à Lyon en 1898 et décédé à Quimper le 8 avril 1966. Artiste de grand talent, illustrateur, céramiste, peintre ayant pour thème la Bretagne, mais pas que, il voyage en Afrique. A la manière d’un Mathurin Méheut, en ethnologue, il croque des scènes de vies.

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Soir de pardon – Sonneur de bombarde à Saint-Guénolé
Projet de livre illustré « Les Bigoudens », poésie de Charles Le Goffic, illustré par Georges Geo-Fourrier, pour les éditions O.L. Aubert (Saint-Brieuc). 1925

Pour plus d’info. :
http://geo-fourrier.skyrock.com/7.html
http://boutique.asia-editeur.com/19-livres-illustres-geo-fourrier

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François Goubain (1904-1985)

La clarinette à Corlay

 

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François Goubain a maintenant 80 ans. Il vit une paisible retraite à Corlay. Il est un ancien sonneur de clarinette. Pendant un demi-siècle il a été l’animateur réputé des noces et des bals de la région.

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    Le jeune François commença par jouer de la bombarde. Il acheta son premier instrument à un nommé Taldir. Celui-ci était charron et, selon François Goubain, il tournait lui-même ses bombardes. Ses anches, le jeunes sonneur les fabriquaient lui-même avec du houx. Ses premiers airs, il les apprend des « Jouan » qui sont alors les deux sonneurs de clarinette « vedette » du pays. Il commença par jouer de la bombarde. Il acheta son premier instrument à Saint-Gilles Vieux Marché à un nommé Taldir. Celui-ci était charron et, selon François Goubain, il tournait lui-même ses bombardes. Ses anches, le jeune musicien les fabriquait lui-même avec du houx. Ses premiers airs, il les apprend des « Jouan » qui sont alors les deux sonneurs de clarinettes « vedettes » du pays.

En 1921, François Goubain se met à la clarinette. Son premier instrument est en buis (13 clefs et demi-boules). La clarinette était, à cette époque, le seul instrument utilisé pour animer les noces du pays. Pour les plus grands mariages, il y avait 2 clarinettes et un tambour mais cela dépendait de la richesse de la famille et de l’importance du mariage. Dans les années 1921-1925, il devint peu à peu un musicien connu. C’est lui que l’on demandait pour animer les noces. Ses compères sont alors Alexis Jouan et Michard Merrien de Plussulien, tous deux sonneurs réputés.

Au début, il prenait 50 fr. pour un mariage, du matin au soir. Après la guerre, le prix passera à 100 fr. et à la fin de sa carrière, il demandait 600 fr. et plus. Avec les années 30 arrive un nouveau répertoire : valse, tango et, venu d’Amérique, le jazz-band. François Goubain achète d’abord un accordéon diatonique puis se met très vite au chromatique. Il fonde le premier jazz-band corlaysien (Unic – Jazz – Le Jazz des As – l’As des Jazz), il va comprendre jusqu’à 6 musiciens.

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Mais la clarinette reste à l’honneur dans les noces pour les airs de cortèges et pour les vieilles danses : rondes, polkas, scottischs, mazurkas. François Goubain se déplaçait dans un rayon de 40 km, toujours à bicyclette, la grosse caisse sur le dos, l’accordéon sur le porte-bagage et la clarinette dans la poche.

En 1936, il commence à noter systématiquement toutes les noces et bals qu’il anime. Ainsi, en 1938, on peut dénombrer 39 noces et 49 bals. Cela ne l’empêche bien évidemment pas de continuer son travail de maçon. Il était tellement demandé, qu’un jour, il reçut la visite de 3 futurs mariés en même temps. Ils étaient, tous les 3, venus le demander pour le même jour. Comme tous voulaient  l’avoir, ils décidèrent de changer les dates de leurs mariages.

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Noce à Corlay dans les années 30, à la clarinette et à l’accordéon François Goubain.

François Goubain, passionné de musique, se mit à apprendre le solfège le soir après son travail. En 1947, avec le maire de Corlay, il fonde la première fanfare de la ville. Il y formera les jeunes musiciens à la clarinette et au saxophone. Si le jazz-band arrête sa carrière en 1960, il continuera à jouer avec la fanfare jusqu’en 1982.

Christian Morvan

 Article publié dans : Musique bretonne, n°50, Novembre 1984, pp. 22-23.

Réactualisé le 20/08/2018

 

Bernard Émile (1868-1941)

Étude de bretonnes ou la Ronde bretonne

Emile Bernard (1868-1941) Etude de Bretonnes, vers 1888, Huile sur toile, 81 x 54 cm, Dépôt du musée d’Orsay au musée des beaux-arts de Quimper

Huile sur toile, 81 x 54 cm, Dépôt du musée d’Orsay au musée des beaux-arts de Quimper © musée des beaux-arts de Quimper

Cette célèbre toile d’Émile Bernard, datée entre 1888 et 1890, symbolise l’école de Pont-Aven, dans son agencement de trois plans successif, cassant les codes du classicisme.

Denis Maurice (1870-1943)

Joueur de cornemuse

Œuvre réalisée en 1893, 42 x 28 cm

Célèbre peintre qui séjourne régulièrement en Bretagne, comme à Perros-Guirec dès 1892, Loctudy en 1894, Binic et Pont-Aven. Il en ressort de nombreuses toiles ayant pour thème la Bretagne, dont ce couple de sonneurs, sur laquelle je n’ai pas trouvé plus d’information.