François Goubain (1904-1985)

La clarinette à Corlay

 

image001  

François Goubain a maintenant 80 ans. Il vit une paisible retraite à Corlay. Il est un ancien sonneur de clarinette. Pendant un demi-siècle il a été l’animateur réputé des noces et des bals de la région.

Sans titre

    Le jeune François commença par jouer de la bombarde. Il acheta son premier instrument à un nommé Taldir. Celui-ci était charron et, selon François Goubain, il tournait lui-même ses bombardes. Ses anches, le jeunes sonneur les fabriquaient lui-même avec du houx. Ses premiers airs, il les apprend des « Jouan » qui sont alors les deux sonneurs de clarinette « vedette » du pays. Il commença par jouer de la bombarde. Il acheta son premier instrument à Saint-Gilles Vieux Marché à un nommé Taldir. Celui-ci était charron et, selon François Goubain, il tournait lui-même ses bombardes. Ses anches, le jeune musicien les fabriquait lui-même avec du houx. Ses premiers airs, il les apprend des « Jouan » qui sont alors les deux sonneurs de clarinettes « vedettes » du pays.

En 1921, François Goubain se met à la clarinette. Son premier instrument est en buis (13 clefs et demi-boules). La clarinette était, à cette époque, le seul instrument utilisé pour animer les noces du pays. Pour les plus grands mariages, il y avait 2 clarinettes et un tambour mais cela dépendait de la richesse de la famille et de l’importance du mariage. Dans les années 1921-1925, il devint peu à peu un musicien connu. C’est lui que l’on demandait pour animer les noces. Ses compères sont alors Alexis Jouan et Michard Merrien de Plussulien, tous deux sonneurs réputés.

Au début, il prenait 50 fr. pour un mariage, du matin au soir. Après la guerre, le prix passera à 100 fr. et à la fin de sa carrière, il demandait 600 fr. et plus. Avec les années 30 arrive un nouveau répertoire : valse, tango et, venu d’Amérique, le jazz-band. François Goubain achète d’abord un accordéon diatonique puis se met très vite au chromatique. Il fonde le premier jazz-band corlaysien (Unic – Jazz – Le Jazz des As – l’As des Jazz), il va comprendre jusqu’à 6 musiciens.

image002   image003

Mais la clarinette reste à l’honneur dans les noces pour les airs de cortèges et pour les vieilles danses : rondes, polkas, scottischs, mazurkas. François Goubain se déplaçait dans un rayon de 40 km, toujours à bicyclette, la grosse caisse sur le dos, l’accordéon sur le porte-bagage et la clarinette dans la poche.

En 1936, il commence à noter systématiquement toutes les noces et bals qu’il anime. Ainsi, en 1938, on peut dénombrer 39 noces et 49 bals. Cela ne l’empêche bien évidemment pas de continuer son travail de maçon. Il était tellement demandé, qu’un jour, il reçut la visite de 3 futurs mariés en même temps. Ils étaient, tous les 3, venus le demander pour le même jour. Comme tous voulaient  l’avoir, ils décidèrent de changer les dates de leurs mariages.

image004

Noce à Corlay dans les années 30, à la clarinette et à l’accordéon François Goubain.

François Goubain, passionné de musique, se mit à apprendre le solfège le soir après son travail. En 1947, avec le maire de Corlay, il fonde la première fanfare de la ville. Il y formera les jeunes musiciens à la clarinette et au saxophone. Si le jazz-band arrête sa carrière en 1960, il continuera à jouer avec la fanfare jusqu’en 1982.

Christian Morvan

 Article publié dans : Musique bretonne, n°50, Novembre 1984, pp. 22-23.

Réactualisé le 20/08/2018

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s