Dominique fabrique des cornemuses

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Métier d’art. Dominique fabrique des cornemuses

Dominique Bougé

Dominique Bougé est facteur d’instruments à vent. Entre cornemuses et veuzes, le sexagénaire s’adapte pour répondre aux musiciens locaux et internationaux depuis son atelier de Saint-Vran (22).

Dans son atelier de Saint-Vran, Dominique Bougé façonne les bûches de bois pour y laisser apparaître cornemuses, binious et autres veuzes. Depuis près de 40 ans, le sexagénaire est facteur d’instruments à vent. C’est adolescent que ce bourguignon d’origine découvre la cornemuse. « Je regardais l’Eurovision et le groupe irlandais Planxty est passé. J’ai été fasciné en voyant tous les détails de l’instrument. J’ai voulu en fabriquer », se souvient l’artisan. Après son CAP de menuiserie-ébénisterie, il entreprend un « petit tour de France » à la rencontre de « ceux qui tournaient », une technique consistant à sculpter le bois pendant qu’il tourne sur lui-même. Mais c’est en pratiquant qu’il apprend son métier. « J’ai des cartons entiers de ratés », constate-t-il.

Un métier de patience
Il y a 20 ans, le facteur quitte sa Bourgogne natale pour s’installer dans les Côtes-d’Armor. Au pays du biniou, il s’attelle à la fabrication d’instruments locaux. Il y travaille le bois de palissandre, d’ébène ou de buis, qu’il va directement chercher dans les propriétés des environs. « Ce qui me plaît, c’est de partir d’un tas de bois et d’en faire un instrument de musique », sourit-il. C’est avec passion que l’homme aux cheveux grisonnants raconte les heures passées dans son atelier avec un maître mot : la patience. D’abord parce qu’il faut au moins cinq ans, une fois le bois ramassé, pour pouvoir le travailler. « C’est le temps qu’il lui faut pour sécher ». De la patience aussi, parce qu’il ne faut pas moins d’une semaine pour faire naître l’un de ses instruments. Il en vend entre deux et trois par mois. « La demande est fluctuante. Il y a deux ou trois ans il y a eu une baisse des ventes, les gens mettaient leur argent ailleurs ». S’il a des commandes d’Allemagne, d’Italie ou encore du Canada, le facteur de cornemuses reconnaît, en effet, que le métier n’a rien d’évident. « C’est difficile de toujours créer quelque chose qui intéresse les gens ». Alors Dominique Bougé s’adapte à la demande et fait du sur-mesure. « Ça, par exemple, c’est une flûte de méditation, explique l’artisan, un tube troué en bois foncé dans les mains. Un musicien m’a décrit ce qu’il voulait et le son qu’il attendait, il a composé son instrument et je l’ai fabriqué ».

Des instruments et des livres
Comme chaque fois qu’il touche un instrument, Dominique Bougé en sort une mélodie. « Je joue avec tous », témoigne le musicien. Et lorsqu’il ne joue pas, il s’adonne à une autre passion en se plongeant dans des lectures historiques. « J’aime tout ce qui est archaïque », dit-il reposant l’ouvrage « 1421, l’année où la Chine a découvert l’Amérique ». Parfois pourtant, Dominique Bougé délaisse son atelier pour aller faire découvrir son métier auprès du public. Il sera ce week-end au Château de Quintin, dans le cadre des journées européennes des métiers d’art. Mais toujours accompagné de ses instruments. Et de ses livres.

http://www.letelegramme.fr/cotesarmor/metier-d-art-dominique-fabrique-des-cornemuses-07-04-2018-11917014.php

Le Télégramme : 07 avril 2018 – MATHILDE PIAUD

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