Une fête bretonne au 19e d’Infanterie

Fête du cheval breton au 19e d’Infanterie en juin 1917

Toujours à propos de la Grande Guerre, cette fois pas de biniou sur la photo, mais quatre soldats en tenue exécutant une gavotte du sud Finistère,  chupenn sur la tête…

19-Inf Cette vue est extraite d’un livre écrit par A. Duret et T Cotta : Un cavalier le Colonel Taylor, Nantes, 1927.

Un compte rendu de cette fête est publié dans La Dépêche de Brest du 22 juin 1917 :
« La fête du cheval de guerre breton
C’était bien fête au régiment, nous avons voulu rendre hommage au cheval breton, le compagnon de ses luttes et de ses peines qui a partagé avec eux les dangers du front.
Lissez plutôt :
19e Régiment d’Infanterie
Programme de la fête du 16 juin 1917 (14h) :
Première partie : – 1. Présentations et examen de 70 chevaux de trait bretons ; 2. Jeux sportifs ; 3. Défilé d’attelage à quatre ; 4. Exercice de gymnastique. Concert de biniou et bombarde.
Deuxième partie – 5. Course au trot monté (cavaliers et chevaux bretons) : distance 2 000 mètre ; 6. Jeux amusants ; 7. Course d’obstacles (cavaliers et chevaux bretons) : distance 2 200 mètres ; 8. Course de mulets. Distribution de récompense. Sonneries de trompes. Le soir, théâtre aux Armées à 20 heures. La musique du 19e, sous la direction de M Esvan, se fera entendre pendant la fête.
Tout cela se passe dans un cadre charmant et bien choisi : une campagne de verdure, un ciel bleu, un gai soleil. […]
C’est vraiment la fête bretonne : pour la circonstance, le poilu a quitté son casque pour prendre son « Castor », dont les rubans flottent au vent : dans un coin la bombarde et le biniou vont leur train et nous jouent les « jabadaos » et les « rigodons ». A l’ombre des pommiers c’est la tente des pardons : « notre coopérative », où trônent les barriques de bière et de vin, qui déversent à plein bord dans les quarts et les bidons la liqueur divine, « le pinard » sans lequel il n’y a pas pour le poilu de fête complète. […]
Un témoin. « 

Le 19e régiment d’Infanterie est un régiment brestois, composé presque exclusivement d’éléments bretons au début de la campagne ; il conservera toujours au moins un tiers de soldats bretons dans ses effectifs jusqu’en 1918.

Sous le commandement du colonel Taylor (1871-1918), le 19e DI subit de lourdes pertes au début de la bataille du Chemin des Dames au printemps 1917. Le régiment est ensuite mis au repos, le colonel décide, pour remonter le moral des troupes, outre les nombreuses permissions, d’organiser une Fête du Cheval Breton. Si les souvenirs du colonel notent bien la présence de binious et bombardes, ils n’apparaissent pas sur la vue, mais je suppose qu’ils accompagnaient la danse.

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