Binet Raphaël 1880-1961

Les sonneurs de Plumeliau

Faouet

Raphaël BINET (1880-1961) Deux sonneurs, 1929. Tirage argentique 16,9 x 23,1 cm sur papier photographique 24 x 30 cm. Signée, datée, non timbrée. Au dos :  » Sonneurs – Sainte Barbe au Faouët « 

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Tableau  sur panneau bois, 60 cm X 40 cm, huile. Signature Michel Le R ???? (Peut-être Le Run ??)

Ouest-France-18-07-1990

Ouest-France du 16 juillet 1990, quelques jours plus tard, le journal publie la réponse : Il s’agit du calvaire de Castennec à Bieuzy-les-Eaux (56)

Les deux sonneurs sont : Joseph Le Strat (1890-1968) [Job bombarde] à la bombarde et Bénoni Le Priol (1885-1933) couple de sonneurs de Pluméliau (56).

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Rousseau Henri Émilien (1875-1933)

La dérobée

Rousseau Derobée

Musée des Beaux-Arts de Pau – Huile sur toile, 65 x 81 cm – 1899

Henri Rousseau est un peintre orientaliste né au Caire en 1875, il décède à Aix-en-Provence en 1833. Il a l’occasion de découvrir la Bretagne en 1894 et réalise plusieurs toiles suite à ce voyage. Cette œuvre, datée de 1899, présente un scène de danse que l’on peut situer dans le Finistère Sud en regardant les costumes. Elle est animée par un trio composé d’un sonneur bombarde entre deux biniou. Cette dérobée joyeuse, tout en mouvement, parait bien loin éloignée de la dérobée guingampaise que l’on peut voir sur les cartes postales du début du XXe siècle.

Le biniou de Ploërmel

A la recherche du sonneur de Ploërmel

 

Film réalisé par les élèves du collège Beaumanoir et leur professeur de français Vincent Soubigou.

Ploermel

LE BINIOU DE PLOERMEL
A docteur Pierre Merklen.


C’est dans la bonne petite ville de Ploërmel, célébrée par Meyerbeer, et très diversement illustrée par messire Jean de Beaumanoir et par le providentiel inventeur du traitement ouaté, le docteur Alphonse Guérin…
Le monument de l’illustre chirurgien va être solennellement inauguré.
Des drapeaux flottent aux fenêtres, des branches de pin encadrent les portes, et les sabots claquent, plus nombreux, sur les pavés pointus des ruelles de la vieille ville.
Dans un décor de verdure, sur une petite place d’une intimité charmante, le monument émerge d’un cercle compact de larges chapeaux, noirs et de coiffes blanches. C’est d’abord le buste souriant du savant, puis, à mi-hauteur du socle, une Gloire presque nue, d’une exquise jeunesse de formes, et dont les seins rigides étincellent sous la caresse lustrale d’une pluie fine et persistante. Et les réflexions, et les commentaires rustiques de circuler autour du monument :
—  C’est tout de même pas juste qu’on ait sculpté tout le corps de madame Guérin et seulement la tête de son mari. Et puis, elle était bien trop jeune pour lui…
—  C’est-y donc vrai, s’exclame près de nous un vieux au sourire madré, au corps tordu comme une racine et sec comme une souche, c’est-y donc vrai qu’on pourrait avec tout ça faire beaucoup de sous ?…
Tout à coup, un bruit lugubre traverse la foule : on ne dansera pas après l’inauguration du monument.
Et pourquoi cela ?
C’est monsieur le maire qui l’a dit.
Et la raison ?
C’est que le joueur de biniou, l’unique joueur de biniou refuse son concours. Il y a bien encore la fanfare de Malestroit. Mais faudrait la payer bien cher. Et puis, aurait-on le temps de la faire venir ?
Graves problèmes! Désolation générale. Jeunes gens et jeunes filles prennent des attitudes navrées, et, pour ma part, je regrette vivement cette résolution inattendue du sonneur de biniou, qui me prive du spectacle pittoresque de danses locales.
Si l’on tentait une suprême démarche en faisant sonner des arguments presque toujours vainqueurs ? Peine inutile, efforts perdus Le biniou demeure inébranlable, répondant invariablement à toutes les sollicitations « Pendant près de vingt ans, j’ai prêté mon concours à l’ancienne municipalité qui était royaliste, et dont je partage les opinions. Ma conscience me défend aujourd’hui d’entrer au service de la municipalité républicaine. »
Ainsi parla le sonneur de biniou, dont la hautaine fidélité à ses principes politiques fut cause que les jeunes gens et les jeunes filles de Ploërmel ne purent danser, eurent de la peine au cœur, et que je fus privé du doux spectacle de leurs jeux.
Hélas! Le biniou de Ploërmel, qui se dresse à tout moment dans mon souvenir, obsédant symbole, est aujourd’hui partout. On le rencontre le long des routes, sur la lande, dans les champs, dans la rue, soufflant à pleins poumons dans son instrument, d’où s’échappent des rumeurs de colère, des cris de haine, des appels de combat… C’est la boîte de Pandore au fond de laquelle il ne reste même pas un chant d’espérance.
Que de fois, pendant mes courses dernières à travers les campagnes de mon pays natal, n’ai-je pas été témoin de stupéfiantes manifestations qui m’emplissaient l’âme d’inquiétude !
Ici, à l’extrémité d’un clos, où paissent tranquillement des vaches aux yeux pleins de bonté, se dresse, comme un gibet, un poteau surmonté d’un large écriteau portant en lettres rouges cette inscription: « Défense au x nobles de chasser ! » Réponse très logique d’ailleurs, à d’autres interdictions.

Mais les châtelains visés ont aussi leurs partisans politiques, et bientôt, autour de leurs domaines, puis partout, surgissent de blancs poteaux ornés de la fatale inscription: « Défense de chasser ! »… Aussitôt, nouvelle levée d’écriteaux, et sur toutes les terres appartenant aux cultivateurs républicains apparaissent les terribles pancartes ornées de superbes majuscules.
Quelques braves ruraux, au cœur bien placé, restent encore réfractaires à cet étrange mouvement d’opinions qui met si nettement en face, comme aux jours les plus douloureux de notre histoire, les Blancs et les Bleus.
Mais d’ici peu, sans doute, l’ardeur des propagandistes aura raison de leur sage et philosophique indifférence.
Et ce qui donne à cet état de choses une signification si précise, c’est que la plupart de ces braves gens ne chassent pas, et se soucient fort peu du droit de chasse, n’ayant chacun pour toute propriété que quelques maigres parcelles de terre, où gîte rarement le lièvre et que le perdreau déserte de plus en plus. Mais pour eux l’occasion était bonne d’affirmer solennellement, sous le ciel, le soleil et les étoiles, l’inflexibilité de leurs opinions politiques. De telle sorte que l’imprudent chasseur qui se hasarde à travers ces inhospitalières campagnes finit par être saisi de vertige à la vue de tous ces écriteaux proscripteurs aux inscriptions menaçantes. Et bientôt Je malheureux rentre éperdu, hâtant sa course, croyant entendre les haies, les buissons, les arbres, les champs de choux, les carrés de betteraves… crier au passage : « Vite, fais-nous connaître tes opinions politiques. Es-tu royaliste, impérialiste, républicain, ou bien encore un rallié… ? »
Derrière chaque barrière, un paysan plus soucieux de défendre son champ contre le passage déshonorant d’un adversaire politique que de protéger un lapin problématique, ou même de récolter ses pommes de terre, monte la garde, la bouche haineuse, les sourcils froncés, la main crispée sur un instrument de travail devenu presque une arme de combat.
Doux pays!
Nous avons tenté de décrire quelque part les ravages de l’alcoolisme, cet autre fléau des campagnes, tels qu’ils nous étaient apparus lors d’un récent voyage en basse Bretagne, dans toute leur horreur, sous les formes aiguës de la névrose, de l’abêtissement, de la scrofule, du crime, de la folie…
Mais si l’alcoolisme est un cruel fléau, si les ravages qu’il cause sont chaque jour plus profonds, on devine assez facilement les mesures qu’une volonté toute-puissante pourrait employer pour le combattre avec succès; peut-être même pour le détruire. Le remède n’est pas loin du mal.
Quel providentiel docteur fera jamais connaître le moyen d’arrêter la contagion du mal de la politique? Nous voulons dire de cette politique provinciale, faite de haine, d’envie, de jalousie, qui chaque jour gagne davantage les âmes les plus simples et les meilleures, étouffant peu à peu les sentiments naturels, glaçant le cœur, engendrant le plus impitoyable égoïsme.
Illustre Thomas More, doux abbé de Saint Pierre, Cloots au large cœur, Saint-Simon, Fourier, vénérable Cabet… nobles et saints apôtres de la fraternité humaine, veuillez descendre un moment de vos ciels utopiques ou icariques, prenez vos places, et en avant la musique !
Voici tout d’abord notre biniou de Ploërmel… Un panache de rubans blancs orne son large chapeau. Il ouvre la marche, précédant de quelques pas la fanfare opportuniste de Malestroit. Bientôt c’est la suite ininterrompue des harmonies sociales, des orphéons démocratiques, des fanfares eucharistiques, etc., d’où montent vers le ciel de sauvages et discordants accords, pendant que les beaux gars et les belles jeunes filles, les mains enlacées, attendent vainement, pour danser en rond, le bon ménétrier d’antan, « qui faisait sortir de son instrument des airs si jolis que les petits oiseaux quittaient la paix des champs et des bois pour venir les entendre ».

Dayot (Armand), Le long des routes, Paris, Flammarion, 1897, p. 139-144.

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Noce aux violons à Ercé-en-Lamée

L’apprenti sonneur

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Cortège de noce, à Ercé-en-Lamée au sud de Rennes (Pays de la Mée), à la sortie de l’église, mené par trois violons, deux adultes et un enfant.  Rare document montrant un jeune sonneur de 7 / 8 ans en pleine séance d’apprentissage. Photographie prise entre 1900 et 1910.

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Biniou jouet

Les biniou du père Noël

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Trois cartes postales datant des années 1900 à 1906, d’enfants en costume breton de théâtre, qui tiennent un curieux « biniou jouet ». Il s’agit d’une petite « bombarde », montée comme levriad sur une petite poche en caoutchouc alimentée par un court sutel (porte-vent), il ne manque que le bourdon… Un tel instrument semble bien difficile à faire fonctionner !

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Un catalogue (mobilier et et matériel scolaire) de 1898 de la fabrique de Les Fils d’Émile Deyrolle à Paris permet de retrouver ce jouet.

exportSur une publicité pour des ballons en caoutchouc et autres bimbeloteries de la fin du XIXe siècle, on retrouve aussi des « cornemuses jouets » :

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Annuaire officiel des jouets & jeux, des bazars, bimbeloterie…, 1897, p. 73

Le marchand de cornemuses

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Deux sous ma petite Musique ! – à la portée de les bouches

Un texte d’Arthur Mangin, présentant l’exposition Universelle de 1867, pour le Musée des Familles note déjà la présence du jouet dans les rues parisiennes :
« Mettons-nous un instant à l’écart et donnons-nous ce plaisir. L’endroit où nous sommes convient parfaitement. Nous y serons bien un peu abasourdis par les accords confus de voix et d’instruments qui, du café-concert voisin, arrivent jusqu’à nous; par l’aigre psalmodie des petites cornemuses en caoutchouc qui se vendent deux francs cinquante centimes dans une des boutiques de gauche; par les cris des marchands qui s’efforcent d’arrêter sur leur étalage l’attention des flâneurs; par les cris des garçons du café; par le cliquetis des verres et des fourchettes, par le brouhaha dos conversations et des exclamations; par le roulement des petites voitures où des hommes de trait promènent, à raison de deux francs l’heure, les personnes impotentes ou paresseuses. »

En 1932 le jouet fait toujours son effet.
Sans titre

Paris 1932 : « un joueur de biniou sur les Boulevards » (source : Gallica)

Mais le paradoxe est de retrouver le biniou jouet en Bretagne. On aperçoit dans les premières scènes d’un film de 1923, sur la fête des reines de Quimper, un vendeur de biniou en caoutchouc en costume breton [Merci à Laurent Bigot pour l’info.]

Quimper 1923

Source : Cinémathèque de Bretagne, Grande fête des Reines de Cornouaille, film de René Arcy-Hennery

Cartes des Sonneurs Bretons

Après avoir établi un premier fichier des anciens sonneurs de biniou & bombarde, j’ai mis en carte ce fichier pour une meilleure lecture de la répartition et de l’activité de ces sonneurs. Je n’ai pris en compte que les sonneurs de l’ancienne génération, en activité entre 1850 et 1950, avant le renouveau de la Bodadeg ar Sonerion de 1945. Pour l’instant figure seulement 142 fiches de sonneurs. Je précise que j’ai vérifié l’état civil, la profession et l’adresse le plus souvent qu’il m’a été possible de le faire. Sur le même principe une carte des sonneurs de violon, vielle, veuze et clarinette va être établie par la suite.
Je suis bien sûr preneur de toutes informations permettant de corriger ou compléter cette carte. En cliquant sur un point, la fiche du sonneur apparait et peut-être bientôt sa photo…